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Médiathèque

Interviews des diplômé(e)s

Ces interviews ont été réalisées à Danian auprès de nos filleul(e)s diplômé(e)s. Découvrez leur parcours et leur entrée dans le monde du travail !

Le succès de nos filleul(e)s diplômé(e)s constitue une belle réussite pour nous tous, marraines, parrains, mécènes et bénévoles de Couleurs de Chine. Un autre défi nous attend : l’augmentation des effectifs lycéens et universitaires est respectivement de 65% et 145% en 6 ans. C’est une bonne nouvelle mais également un appel à amplifier notre soutien. Nous savons que grâce à votre aide, nous pourrons répondre à ce nouveau défi. Un immense merci à vous, marraines, parrains et mécènes, de nous accompagner dans ce grand projet !

Cliquez sur les portraits pour accéder aux interviews.

陈培风 Chen Peifang
Elle a changé de nom, est préparatrice en pharmacie, elle n'est pas pressée de se marier...
代美冬 Dai Meidong
Elle s'occupe de sécurité routière à Liuzhou, a fait des études informatiques, son petit ami est avocat...
陆云归 Lu Yungui
Elle veut préserver la culture Dong, est infirmière à Danian, elle a commencé l'école à seulement 8 ans...
石龙 Shi Long
CdC n'aide pas seulement les filles, il a aujourd'hui un master, il occupe un poste dans une banque...
石雪花 Shi Xuehua
Elle a été aidée à seulement 17 ans, aujourd'hui elle est professeur de physique et parle la langue Dong...
伍艳梅 Wu Yanmei
Elle aime porter la tenue traditionnelle Miao et ne manque aucune fête des Lushengs...
吴义芳 Wu Yifang
Elle va dans les villages Miao et Dong donner des soins aux malades et vacciner les enfants...
杨丽花 Yang Lihua
Quand elle était petite, elle criait très fort quand on l'empêchait d'aller à l'école...
杨仁新 Yang Renxin
Le lycée, puis migrant sur les chantiers, aujourd'hui photographe d'événementiel et pour les mariages, demain...
杨正丰 Yang Zhengfeng
Il rêvait de devenir "big boss" en primaire, fonctionnaire au collège et professeur au lycée...

Traduction des interviews : CHEN Hung-Chun

代美冬 Dai Meidong

 

Comment vous appelez-vous ?

 Je m’appelle Dai Meidong.

 Rappelez-nous en quelle année vous êtes allée à l’école ?

 Oh !… c’est en 1998 que je suis entrée à l’école primaire.

 Quel âge aviez-vous ?

 J’avais 7 ans.

 À l’époque, où se trouvait votre école primaire ?

 Elle se trouvait au village de Dashun dans le comté de Sanjiang.

 Et après l’école primaire, vous êtes allée au collège ? Où se trouvait-il ?

 J’étais au collège du bourg de Fulu, toujours dans le comté de Sanjiang.

 Vous avez continué vos études dans une école professionnelle ou au lycée ?

 Comme j’étais une très bonne élève et que j’avais de bonnes notes partout, je suis rentrée directement à l’école professionnelle de Liuzhou, sans trop de difficultés.

 Quelle est la spécialité que vous avez choisie d’étudier ?

 J’ai choisi d’étudier l’informatique. Plus précisément, c’est la formation de secrétaire en informatique.

 C’était votre rêve d’enfant ?

 En fait, quand j’étais petite, mon rêve était de devenir médecin. Mais au fil du temps, surtout quand je suis arrivée à Liuzhou, j’ai trouvé que, pour une fille, c’était mieux d’apprendre l’informatique.

 Quelles étaient vos impressions sur l’école, quand vous aviez 7 ans ?

 Comme je suis issue d’une famille de paysans pauvres, les parents ne veulent pas que les filles aillent à l’école, ils donnent toujours la priorité aux garçons. Mais, moi, j’insistais pour être scolarisée. Quand je me souviens maintenant, je n’ai pas de regrets d’avoir fait des études. Tout d’abord, la possibilité d’étudier m’a beaucoup aidée pour avoir un avenir professionnel. Parmi mes amies d’enfance, il y en a beaucoup qui ont arrêté l’école à l’âge de 12 ans pour faire de petits boulots par la suite afin d’arrondir les fins de mois de leur famille, elles sont aujourd’hui mères au foyer. J’ai toujours un regard positif sur l’éducation.

 Vous êtes déjà dans le monde de travail. Où travaillez-vous ?

 Je travaille à la préfecture de Liuzhou, plus précisément, je suis dans le service de la sécurité et de la circulation routière.

 C’est dans quel secteur ?

 C’est la fonction publique.

 Combien gagnez-vous par mois ?

 Un peu plus de 2000 RMB, assurance maternité, assurance vieillesse et assurance retraite comprises. Je ne gagne pas beaucoup, mais je pense que c’est un travail stable pour une fille. C’est déjà pas mal.

 Une fois diplômée, avez-vous eu des difficultés pour trouver ce travail ?

 Je pense que j’ai eu beaucoup de chance de rencontrer des personnes qui m’ont bien aidée pendant mes études, puis dans ma recherche professionnelle. Je remercie profondément l’association Couleurs de Chine qui m’a donné la possibilité d’aller à l’école. Après, quand j’étais à l’université, j’ai eu un professeur qui m’appréciait beaucoup. A la fin de mes études, il m’a recommandé de faire un stage à la préfecture de Liuzhou. Après ce stage, j’ai été embauchée directement par le service de la circulation routière où j’ai un poste.

 Comment vous sentez-vous au travail ?

 Je m’y sens très bien.

 Pouvez-vous nous raconter pourquoi vous avez choisi ce travail ?

 Peu importe le type de travail, mon principe est de me mettre au service de la population. Quant à mon travail, il s’agit de s’occuper des accidents de la route. Bien sûr, je serai toujours en contact direct avec la population. Je suis bien dans le service de la fonction publique.

 Souhaitez-vous continuer à travailler longtemps dans ce secteur ?

 Je suis une fille alors je souhaite mener une vie stable.

 Si dans dix ans, vous changez d’avis, dans quel secteur aimeriez-vous travailler ?

 Je travaillerais peut-être dans le secteur informatique. C’est ce que j’ai étudié à l’université.

 Quelle est votre situation familiale actuelle ? Êtes-vous mariée ?

 Je ne suis pas encore mariée.

 Avez-vous un petit ami ? Pouvez-vous nous le présenter ? Il est d’où ?

 Oui, j’ai un petit ami. Il est de Liuzhou. Il est né là-bas.

 Que fait-il dans la vie ?

 Il est avocat.

 Vous vous voyez souvent ?

 Nous travaillons tous les deux à Liuzhou. On se voit une fois par semaine, c’est déjà pas mal. Je suis satisfaite. (Rires)

 Si vous n’aviez pas eu d’aide pour votre scolarité de l’association Couleurs de Chine, que seriez-vous devenue aujourd’hui ? Où habiteriez-vous ? Comment gagneriez-vous votre vie ?

 Si je n’avais pas eu d’aide de l’association Couleurs de Chine, je pense que je serais comme mes amies qui sont toujours au village. Je serais une mère au foyer avec deux ou trois enfants dans les bras. Et je devrais m’occuper de préparer à manger pendant les grandes fêtes traditionnelles. Et après chaque fête, je repartirais chercher des petits boulots comme toutes les filles du village.

 A quel âge avez-vous reçu une aide de l’association Couleurs de Chine ?

 C’était quand j’étais en troisième année à l’école primaire.

 Pendant combien de temps ?

 Une dizaine d’années, jusqu’à la fin de mes études à l’université.

 Connaissez-vous votre parrain ou marraine ?Vous l’avez rencontré(e) ?

 Oui, j’ai eu une marraine. Mais, je ne l’ai jamais rencontrée. Je l’ai vue sur une photo qu’elle m’avait envoyée. En fait, on s’écrivait souvent. Elle répondait à mes lettres.

 Quelles étaient vos impressions sur votre marraine en voyant la photo ?

 Comme je le disais, je ne la connaissais que par cette photo. J’ai eu cette photo d’elle où elle était avec son mari devant un immense lac. Je l’ai trouvée très aimable, gracieuse.

 Votre marraine est de quel pays ?

 Elle est Française.

 Si jamais votre marraine prenait l’avion pour venir vous rencontrer, auriez-vous quelque chose à lui dire ?

 Le premier geste que je ferais, ce serait de l’embrasser tout de suite. J’aurais sans doute les larmes aux yeux. Aucun mot ne sortirait de ma bouche car je serais très émue, remplie d’émotions.

 Vous lui diriez « Je t’aime » ?

 Oui, oui, je lui dirais « Je t’aime. » Et j’ajouterais, si je n’avais pas eu votre aide, je serais restée au village pour m’occuper des enfants et des vaches. J’aurais suivi le même chemin que mes amies.

 Comment présenteriez-vous l’association Couleurs de Chine à vos collègues ou à vos amis de Liuzhou ?

 Je présenterais Couleurs de Chine comme une organisation qui aide à la scolarisation des enfants comme nous, issus des minorités et des familles pauvres. Elle fonctionne comme un groupe de charité en faveur de la scolarisation des enfants des montagnes.

 De quelle minorité ethnique êtes-vous ?

 Je suis de la minorité Miao.

 On sait que chaque minorité a sa propre culture et ses propres coutumes, quel est votre avis sur la culture Miao ?

 C’est une culture riche qui aime les couleurs. Dans notre culture, on a beaucoup de fêtes. On aime faire la fête : nouvel an, fête des sœurs, fête des moissons, celle des bateaux dragons, festival des lushengs, concours de chant.

 Expliquez-nous ce qu’est le festival des lushengs, par exemple, de quoi s’agit-il ?

 Le lusheng est un ancien instrument de musique, un instrument à vent en bambou. Le festival des lushengs est l’occasion de faire la fête pour une bonne récolte et de permettre aux jeunes de rencontrer leurs amoureux. Autre caractéristique : lors de ce festival, les jeunes femmes mariées peuvent se plaindre à leur mère au sujet de leur mari. On peut ainsi voir des filles qui ne sont pas heureuses dans leur mariage se lamenter, pleurer et être consolées par leur mère.

 Vous êtes issue d’une minorité ethnique, est-ce que cette culture a un impact sur votre vie d’aujourd’hui ?

 Non, elle n’a pas d’impact. Pour ma famille, je pense que, quand la société évolue, la vie des paysans évolue aussi. Bien sûr, on ne peut pas comparer la vie dans les montagnes avec celle de la ville. Mais je vois toujours le côté agréable de la vie au village. Ma famille ne me crée jamais de contraintes dans mon travail.

 Quelle langue parlez-vous en famille ?

 La langue Miao.

 Et au travail ?

 Au travail, je parle le mandarin ou le dialecte de Liuzhou.

 Si un jour vous avez un enfant, vous lui apprendrez à parler quelle langue ?

 Je lui apprendrai à parler l’anglais. Bien sûr le chinois et, surtout la langue Miao, pour que mes enfants puis mes petits-enfants puissent parler avec moi aussi. Je pense transmettre ma culture Miao à travers la langue.

 Les coutumes sont-elles différentes entre la vie d’avant et celle d’aujourd’hui ?

 Non.

 Pas du tout ?

 Non. Il n’y a pas de différence.

 Bon. Merci Dai Meidong d’avoir accepté d’être interviewée.

 Merci beaucoup à l’association Couleurs de Chine. Je vous souhaite une très bonne année, beaucoup de joie et une grande réussite à tous.

Ecouter la version originale de l'interview de Dai Meidong :

陆云归 Lu Yungui

 

Quel âge aviez-vous quand vous êtes allée à l’école ?

 J’avais 8 ans.

 À l’époque, où se trouvait votre école primaire ?

 Mon école primaire était l’Ecole Primaire Centrale de Danian, dans le comté de Rongshui.

 Et après l’école primaire, vous êtes allée au collège. Où se trouvait-il ?

 C’était dans le même bourg, à Danian.

 Et après, où avez-vous continué vos études ?

 J’ai continué mes études à l’Ecole Médicale de Liuzhou.

 C’est une école professionnelle ?

 Oui.

 Quand vous aviez 8 ans, quelles étaient vos impressions sur l’école?

 J’étais encore trop petite. Je trouvais simplement que là-bas, à l’école, il y avait une bonne ambiance, très dynamique. Tout le monde restait ensemble. On s’amusait bien.

 Vous souvenez-vous encore de votre rêve d’enfant ?

 Le premier métier que j’ai connu, c’était celui de maîtresse d’école. C’était aussi notre premier contact avec le monde. Donc, j’ai rêvé de devenir une « grande », une maîtresse d’école qui transmet tous les savoirs.

 Et que faites-vous aujourd’hui ?

 Je suis infirmière !

 Pourquoi avez-vous changé d’avis ?

 Parce que j’ai grandi tout simplement. En grandissant, j’ai mûri. Le regard que je porte sur le monde a changé aussi.

 Vous êtes déjà dans le monde du travail. Pouvez-vous nous dire dans quel secteur vous travaillez ?

 Je travaille dans le secteur de la santé.

 Où se trouve votre lieu de travail ?

 Je travaille à l’hôpital de Danian.

 Combien gagnez-vous par mois ?

 Un peu plus de 1000 RMB.

 Une fois diplômée, comment avez-vous trouvé ce travail ?

 Je n’ai pas eu ce travail tout de suite. La concurrence était rude. J’ai attendu un moment et j’ai passé des coups de téléphone à mes connaissances pour leur demander des conseils.

 Avez-vous passé des étapes pour décrocher ce travail ?

 Oui. J’ai d’abord réussi les épreuves, puis j’ai passé un entretien d’embauche pour enfin décrocher ce travail.

 Comment vous sentez-vous au travail ?

 Ça va. C’est un travail pas facile, un peu fatigant quand même.

 Pouvez-vous nous raconter pourquoi vous avez choisi ce travail ?

 J’ai une bonne impression des médecins et des infirmières. Eux, ils sauvent les gens sans demander quoi que ce soit. À mes yeux, ils ont beaucoup de valeur. Ce sont de belles personnalités.

 Souhaitez-vous continuer à travailler longtemps dans ce secteur ?

 Oui. Pour l’instant, je ne cherche pas d’autre travail, donc, je vais continuer à travailler dans ce secteur.

 Si dans dix ans vous changez d’avis, dans quel secteur travailleriez-vous ?

 Je n’arrive pas à l’imaginer. « L’hameçon n'attrape pas toujours le bon poisson. » La société est en mutation permanente. Je ne peux pas prévoir l’avenir.

 Si c’est dans trois ans…?

 C’est encore difficile à prévoir des choses pareilles. Je pense que je continuerais dans ce secteur sans problème. Car je m’apprête à passer des concours pour obtenir le diplôme des soins infirmiers avancés.

 Si vous changez de secteur d’activité, dans quel secteur travailleriez-vous ?

 Non, je ne pense pas changer de secteur d’activité. J’ai fait mes études en soins infirmiers, je ne connais pas d’autres techniques. Ce serait difficile pour moi de changer de travail.

 Je voudrais connaître votre situation familiale actuelle. Vous êtes mariée ?

 Non.

 Souhaitez-vous rencontrer quelqu’un ?

 Cela dépend du destin. On ne peut pas forcer le destin.

 Souhaitez-vous vous marier avec quelqu’un de votre milieu de travail ? Un médecin, peut-être ?

 Non, je ne le souhaite pas. Parce que notre métier n’est pas facile, parfois c’est même très dur. Pour bien s’occuper de la famille, je préfèrerais quelqu’un issu d’un autre milieu.

 Souhaitez-vous rester près de votre famille ou suivre votre mari ?

 Je n’ai jamais pensé à cette question. Je préfère ne pas forcer le destin.

 Comment présenteriez-vous l’association Couleurs de Chine à vos collègues ou à vos amis ?

 D’après moi, Couleurs de Chine est une organisation qui aide à la scolarisation des enfants comme nous, issus des minorités et des familles pauvres.

 Savez-vous où se trouve le siège de l’association Couleurs de Chine ?

 (Blanc) … En France.

 Qui est la fondatrice de l’association Couleurs de Chine ?

 C’est Madame Fangfang, qui est décédée.

 Si vous n’aviez pas reçu une aide pour votre scolarité de l’association Couleurs de Chine, que seriez-vous devenue aujourd’hui ? Comment gagneriez-vous votre vie ?

 Je pense que je serais comme la plupart des gens qui partent chercher des petits boulots de ville en ville.

 A quel âge avez-vous reçu une aide de l’association Couleurs de Chine ?

 C’était à l’âge de 9 ans.

 Pendant combien de temps ?

 Pendant 12 ans. C’est long.

 Connaissez-vous votre parrain ou marraine ?

 J’ai connu la première personne qui me soutenait. Je l’ai vue sur une photo. Et les autres…

 Vous avez rencontré cette personne ?

 Oui.

 Quelles étaient vos impressions ?

 Quand je l’ai rencontrée, j’étais encore trop petite. Je ne m’en souviens pas très bien.

 Si jamais cette personne fait le voyage en avion pour vous rencontrer, auriez-vous quelque chose à lui dire ?

 Je lui serais très reconnaissante pour son aide et son soutien.

 Vous l’inviteriez à un festin ?

 Oui. Bien sûr ! Elle serait bien reçue, elle mangerait bien chez nous.

 Que pensez-vous de nos aides ?

 J’aimerais bien qu’on puisse communiquer plus avec notre parrain ou marraine. J’aurais aimé connaître plus mon parrain ou ma marraine.

 De quelle minorité ethnique êtes-vous ?

 Je suis de la minorité Dong.

 On sait que chaque minorité a sa propre culture et ses propres coutumes, quel est votre avis sur la culture Dong ?

 Avec le développement, la culture Dong évolue aussi. Mais ce n’est pas toujours dans la bonne voie. Certaines coutumes ou le patrimoine culturel sont en train de disparaître. Il faut intervenir pour les préserver.

 Y a-t-il des différences entre la vie d’avant et celle d’aujourd’hui ?

 Il y a des changements, cela c’est sûr. Par exemple, notre tenue traditionnelle est très différente des vêtements du peuple Han.

 Portez-vous souvent votre tenue traditionnelle ?

 Non. Les vielles personnes s’habillent encore en tenue traditionnelle. Pour les jeunes, comme moi, on la porte seulement pour les grandes fêtes.

 Vous êtes issue d’une minorité ethnique, est-ce que cette culture a un impact sur votre vie d’aujourd’hui ?

 (Réfléchit) …Oh ! Je ne pense pas.

 Quelle langue parlez-vous en famille ?

 La langue Dong.

 Si un jour vous avez un enfant, lui apprendrez-vous à parler la langue Dong ?

 Je pense que mon enfant parlera naturellement la langue Dong parce qu’il sera en contact permanent avec ma famille. Il parlera sans peine cette langue.

 Y a-t-il des différences entre la vie d’avant et celle d’aujourd’hui ?

 Non. Il n’y a pas tellement de différences.

Merci à vous d’avoir répondu à toutes ces questions.

Ecouter la version originale de l'interview de Lu Yungui :

石龙 Shi Long

 

Comment vous appelez-vous ?

 Je m’appelle Shi Long.

 Vous rappelez-vous à quel âge vous êtes allé à l’école ?

 Quand je suis rentré à l’école primaire, j’avais 6 ans.

 À l’époque, où se trouvait votre école primaire ?

 Elle se trouvait au village de Gaoma.

 Et après l’école primaire, vous étiez au collège. Où se trouvait-il ?

 J’ai passé seulement le premier semestre au Collège des Minorités de Rongshui. Après, j’ai été transféré au Collège de Danian où j’ai étudié jusqu’à la fin.

 Vous avez continué vos études dans une école professionnelle ou au lycée ?

 J’ai réussi le concours d’entrée au lycée. J’ai été admis au Lycée de Rongshui pour trois ans d’étude.

 Vous avez poursuivi vos études à l’université ?

 Oui. J’étais à l’École Normale Supérieure du Guangxi.

 Quand vous étiez étudiant, quelle était la spécialité que vous avez choisie ?

 J’ai étudié la physique appliquée.

 C’était votre rêve d’enfant ?

 Quand j’étais petit, j’avais envie d’étudier sans arrêt. Parce que j’entendais mes parents et les vieux du village dire sans arrêt qu’être paysan était trop difficile et qu’il fallait que les jeunes fassent des études les plus poussées possibles pour avoir une vie meilleure.

 Quelles étaient vos impressions de l’école, quand vous aviez 6-7 ans ?

 J’étais encore trop petit pour avoir des souvenirs précis. On ne pensait qu’à s’amuser.

 Vous êtes déjà dans le monde du travail. Pouvez-vous nous dire dans quel secteur vous travaillez ?

 C’est dans le secteur financier. Je travaille comme cadre dans une banque.

 Combien gagnez-vous par mois ?

 Je ne travaille que depuis juillet dernier. En ce moment, je ne touche pas la totalité de mon salaire car je suis en période d’essai. Mais, dans un an, j’aurai un CDI. C’est suffisant pour vivre.

 Une fois diplômé, avez-vous eu des difficultés pour trouver ce travail ?

 En fait, une fois diplômé de l’université, j’ai encore fait trois ans d’étude en Master.

 Aviez-vous des revenus réguliers pendant le Master ?

 Non. De temps en temps, j’ai participé aux projets de mon directeur de mémoire. Il me rémunérait.

 Comment vous sentez-vous au travail ?

 Je suis satisfait.

 Pourquoi avez-vous choisi ce travail ?

 L’année 2012-2013, j’ai commencé à chercher des offres d’emploi. Ce n’était pas facile. J’ai suivi les conseils de mes parents. Finalement, j’ai trouvé ce poste dans une banque.

 Si dans dix ans vous changez d’avis, dans quel secteur travailleriez-vous ?

 Pour l’instant, je me donne trois ans pour travailler dans cette banque. Après cette période, je continuerai mes études en doctorat. En fait, depuis le collège, je rêve de devenir physicien. J’ai toujours cette passion pour la science.

 Si vous vouliez changer de travail maintenant, combien de temps mettriez-vous pour en trouver un autre qui vous conviendrait vraiment ?

 Je ne pense pas que j’aurais beaucoup de difficultés pour trouver un autre travail parce que je suis spécialisé en informatique. Je mettrais deux ou trois mois pour trouver un autre travail qui me conviendrait. Sinon, je pourrais même tenter ma chance à Pékin ou à Shanghai.

 Quelle est votre situation familiale actuelle ? Êtes-vous marié ?

 Non.

 Avez-vous une petite amie ? Pouvez-vous nous dire comment vous vous êtes connus ?

 Oui, j’ai une petite amie. C’est un copain de fac qui me l’a présentée.

 Que fait-elle dans la vie ?

 Elle est institutrice dans une école primaire.

 Vous vous voyez souvent ?

 Moi, je travaille à Guilin ; elle, elle est à Liuzhou. Je lui rends visite une fois par mois, elle vient aussi me voir.

 Si vous n’aviez pas eu d’aide pour votre scolarité par l’association Couleurs de Chine, que seriez-vous devenu aujourd’hui ? Où habiteriez-vous ? Comment gagneriez-vous votre vie ?

 Je pense que je serais comme la plupart des gens qui partent chercher de petits boulots dans des usines.

 A quel âge avez-vous reçu une aide de l’association Couleurs de Chine ?

 À l’âge de 14-15 ans, jusqu’à ce que je finisse mes études en Master.

 Pendant combien de temps au total ?

 Un an au collège, trois ans au lycée, quatre ans à l’université et trois ans en Master. Au total, onze ans donc.

 Connaissez-vous votre parrain ou marraine ?

 Je sais qu’une personne m’aidait. Mais je ne la connais pas.

 Avez-vous rencontré cette personne ?

 Jamais. Mais j’aurais bien aimé la rencontrer.

 Vous vous écriviez ?

 Oui. On s’est beaucoup écrit.

 Auriez-vous quelque chose à lui dire, si un jour vous vous rencontriez ?

 Tout d’abord, je lui dirais un grand merci de tout cœur avec beaucoup de sincérité. Et que si elle n’avait pas été là pour m’aider, je n’aurais pas pu avoir un travail ou une vie stable.

 Comment présenteriez-vous l’association Couleurs de Chine à vos collègues ou à vos amis ?

 Je dirais que c’est une organisation qui fonctionne comme un groupe de charité en faveur de la scolarisation des enfants issus des familles pauvres des montagnes reculées. Et moi, j’ai reçu une aide de l’association Couleurs de Chine pendant toutes mes études.

 Que pensez-vous de nos aides ?

 Si je peux donner un avis, je pense que l’association pourrait créer un système de bourses pour les élèves les plus brillants. Cela nous encouragerait.

 De quelle minorité ethnique êtes-vous ?

 Je suis de la minorité Miao.

 Quel est votre avis sur la culture Miao ?

 Je suis avant tout un Miao et j’aime ma culture. Elle existe depuis des millénaires.

 Quelles sont les habitudes dans votre minorité ?

 Les Miao sont naturellement joyeux. Il y a beaucoup de fêtes. J’aime surtout le festival des lushengs. Les chants Miao font également partie de notre culture depuis très longtemps, les personnes âgées les apprécient. Les jeunes gens commencent aussi à diffuser les chants Miao grâce aux enregistrements.

 Ce festival a lieu à quelle période de l’année ?

 Il a lieu entre la récolte du riz et les semailles du printemps suivant. Le but est de fêter la bonne récolte.

 Vous êtes issu d’une minorité ethnique, est-ce que cette culture influence votre vie d’aujourd’hui ?

 Je pense que oui. Cette culture est ancrée en moi, elle ne me quitte pas. En même temps, je me sens encore plus riche. Je conserverai mes racines des Grandes Montagnes Miao, même si je vis en ville, je pourrai me ressourcer à tout moment.

 Quelle langue parlez-vous en famille ?

 La langue Miao.

 Et au travail ?

 Au travail, je parle le mandarin évidemment.

 Si un jour vous avez un enfant, lui apprendrez-vous à parler la langue Miao ?

 Il parlera tout naturellement cette langue sans l’apprendre.

 Sans l’apprendre ? Comment est-ce possible ? Si vous êtes en ville par exemple où tout le monde parle le mandarin ou le chinois local, si vous ne lui apprenez pas le Miao, comment le saura-t-il ?

 Parce qu’il sera en contact permanent avec ma famille ; il parlera sans peine la langue Miao. En plus, il grandira dans notre terre ancestrale. C’est évident.

 Y a-t-il des différences entre la vie d’avant et celle d’aujourd’hui ?

 Non.

Merci Shi Long d’avoir répondu à toutes ces questions.

Ecouter la version originale de l'interview de Shi Long :

石雪花 Shi Xuehua

 

Quel âge aviez-vous quand vous êtes allée à l’école ?

Quand je suis rentrée à l’école primaire, j’avais 6 ans.

Où se trouvait votre école primaire ?

Dans un premier temps, je suis allée à celle de notre village Gulou. Puis en 5ème année je suis allée à l’Ecole Primaire Centrale de Danian.

Et votre collège ?

C’était le collège de Danian.

 Et votre lycée ?

 C’était le Lycée de Rongshui. Après, j’ai suivi une année préparatoire pour les élèves issus des minorités ethniques, avant d’entrer à l’université.

 Et après, où avez-vous continué vos études ?

 J’ai été admise directement à l’Université Normale du Guangxi, à Guilin.

 Quand vous aviez 6 ans, quelles étaient vos impressions sur l’école?

 On s’amusait beaucoup à l’école. L’acquisition des connaissances pour moi, c’était évident.

 Et vos impressions sur le collège ?

 Elles étaient différentes de celles de l’école primaire. J’étais consciente que faire des études permettait d’avoir un travail et une vie meilleure.

 Quand vous étiez étudiante, quelle spécialité avez-vous choisie ?

 J’ai suivi des études en enseignement des sciences.

 Pouvez-vous expliquer en quoi consistent les études d’enseignement des sciences ?

 Les deux premières années, c’est l’acquisition des connaissances en physique. Ensuite, on nous encourage à développer nos capacités d’innovation à travers les sciences. On apprend également en pédagogie à transmettre les connaissances scientifiques à nos élèves et à les sensibiliser à la créativité.

 Vous souvenez-vous encore de votre rêve d’enfant ?

 Nous avons été influencés par notre maîtresse d’école, un modèle pour nous. On voulait tous devenir enseignant. Moi aussi. Et puis, à la télé, on voyait souvent des scientifiques, du coup, j’ai voulu être une scientifique. Aujourd’hui, j’ai réalisé mon rêve : je suis enseignante ! (Rires)

 Comme vous venez de le dire, vous occupez un poste d’enseignante.

 Oui, professeur de lycée.

 Combien gagnez-vous par mois ?

 (Rires) Je gagne un peu plus de 1600 RMB.

 Une fois diplômée, comment avez-vous trouvé ce travail ?

 En fait, c’est mon deuxième travail. J’ai obtenu mon diplôme en 2012. A ce moment-là, j’ai enseigné dans le Lycée Numéro 1 de Tangxian à Wuzhou. J’ai eu beaucoup de chance de décrocher tout de suite cet emploi. Ils cherchaient un professeur de physique au lycée, je n’étais pas vraiment spécialisée en physique. Il y avait une vingtaine de candidats pour ce poste. On a passé trois entretiens d’embauche et finalement, ils m’ont choisie ! Du coup, mon parcours est devenu une belle histoire pour ma classe universitaire.

 Combien de temps êtes-vous restée dans ce premier poste ?

 Un an exactement. Et depuis septembre dernier, j’enseigne au Lycée de Rongshui.

 Pourquoi avez-vous choisi ce travail ?

 Chaque année il y a des employeurs qui viennent dans notre université pour embaucher les jeunes diplômés. J’ai vraiment voulu saisir cette occasion.

 Quelle matière enseignez-vous au Lycée de Rongshui ?

 Technique générale.

 Comment vous sentez-vous au travail ?

 Ce travail me plaît. En plus, c’est ma spécialité. J’aime enseigner. Cela me fait plaisir de voir mes élèves contents de trouver les solutions. Mon salaire n’est pas énorme, mais je suis très heureuse.

 Si dans dix ans vous changez d’avis, dans quel secteur travailleriez-vous ?

 Dix ans, c’est long pour moi. Si je fais un projet à moyen terme, c’est-à-dire, dans les 3 à 5 ans, je pense que j’enseignerais encore dans ce lycée. Je profiterais de ces cinq ans pour gagner en expérience dans ce travail. Si jamais j’en ai assez de cette vie, je tenterais de devenir fonctionnaire.

 Souhaitez-vous continuer à travailler longtemps dans ce secteur ?

 Si tout va bien, oui. Sinon, je changerai pour faire autre chose.

 Je voudrais connaître votre situation familiale actuelle. Vous êtes mariée ?

 Non.

 Cette question ayant trait à votre vie personnelle, vous avez le droit de ne pas y répondre. Si vous cherchez quelqu’un pour vous marier, qu’attendez-vous de votre mari ?

 Premier point essentiel, j’attends de cette personne qu’elle respecte les parents et les anciens. Elle pourra avoir des ambitions pour sa carrière. Après, c’est du domaine du sentiment.

 Vous ne posez pas d’autres conditions ? Par exemple, son milieu de travail ?

 Non. Je pense que si cette personne est sérieuse et ambitieuse, elle ne peut pas être mauvaise.

 Quelles sont vos impressions sur l’association Couleurs de Chine.

 De mon point de vue, l’association Couleurs de Chine est une grande famille. Il y a beaucoup d’amour. Regardez, les personnes de l’association n’ont pas de liens familiaux avec nous, elles ne sont pas obligées de répondre aux besoins des autres, et pourtant elles le font quand même. Elles ont beaucoup donné sans rien demander. Je sens qu’il y a beaucoup d’amour.

 A quel âge avez-vous reçu une aide de l’association Couleurs de Chine ?

 À l’âge de 17 ans.

 Connaissez-vous votre parrain ou marraine ?

 Je n’ai jamais vu cette personne. Je ne la connais pas.

 Si cette personne venait ici pour vous rendre visite, auriez-vous quelque chose à lui dire ?

 Dans un premier temps, bien évidemment, je l’embrasserais ! Je la remercierais beaucoup. Le mot juste est merci, encore merci. Seuls les parents peuvent donner à leurs enfants sans rien demander en retour, je ne vois personne d’autre qui pourrait faire la même chose. Alors, cette personne qui m’a aidée pendant si longtemps, sans qu’on se rencontre, je lui tire vraiment mon chapeau et je lui dis merci et encore merci.

Comment présenteriez-vous l’association Couleurs de Chine à vos collègues ou à vos amis ?

Pour moi, c’est une association qui fait de bonnes actions pour aider les gens. Si mes collègues de travail me le demandent, je leur dirais que c’est un organisme qui mérite d’être soutenu.

Connaissez-vous l’histoire de l’association Couleurs de Chine ?

Oui. Son siège est à Pékin. Ah non ! C’est à Paris ! Madame Fangfang est la fondatrice. Depuis plus de dix ans, l’association travaille dans la région en élargissant sa capacité d’action. Elle a aidé presque tous les gens de Danian et aussi dans les villages voisins. Elle soutient surtout l’éducation des enfants.

Connaissez-vous les représentants du bureau de l’association Couleurs de Chine à Danian ?

Je connais bien M. Jia, M. Liang aussi. À l’époque, il y avait Marine, Shi Lanhua… les nouveaux, je ne les connais pas.

De quelle minorité ethnique êtes-vous ?

Je suis de la minorité Dong.

Quel est votre avis sur la culture de la minorité Dong ?

J’en suis fière.

Vous êtes issue d’une minorité ethnique, est-ce que cette culture influence votre vie d’aujourd’hui ?

Les qualités chez les Dong sont l’hospitalité, la persévérance et l’endurance. Ces qualités m’ont permis de réussir ce que j’entreprends.

Quelles sont les coutumes de la minorité Dong?

C’est la manière de traiter les invités. Par exemple, les Dong accueillent chaleureusement leurs invités et leur offrent du thé à l’huile.

Quelle langue parlez-vous en famille ?

La langue Dong.

Avez-vous l’occasion de parler la langue Dong au travail ?

Les occasions sont plutôt rares. Si je rencontre les gens de chez nous, oui, on parle la langue Dong. Là où je travaille, il y a des collègues Dong, mais on parle plus souvent le dialecte de Rongshui ou le mandarin.

Si un jour vous avez un enfant, quelle langue aimeriez-vous qu’il parle ?

Ma langue.

Sentez-vous que les modes de vie ont changé entre la vie d’avant et celle d’aujourd’hui ?

Je ne sens pas vraiment de différence. Comme la culture chinoise prend le dessus, la vie de mon village est progressivement sinisée. Quant à mes loisirs, j’aime chanter et je le fais encore aujourd’hui. C’est depuis que j’ai commencé à travailler que je joue au volleyball avec mes collègues.

Merci d’avoir répondu à toutes ces questions.

Ecouter la version originale de l'interview de Shi Xuehua :

 

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