Pour le petit déjeuner, c'est le thé à l'huile avec du riz extrudé, typique de la région. M. Yang donne quelques coups de fil et me passe son portable : une Française au bout du fil ! Quelle surprise! Ca fait une semaine que je n'ai pas entendu parler français ! Cette personne, originaire de Rodez, enseigne le français à l'Université des Minorités à Nanning ; elle a 40 étudiants ; elle traduit des lettres pour les filleules ou les parrains. Pour le Nouvel An elle est venue à Danian et est passée chez M. Yang à Longpei ; cette année elle retournera en France. Il est maintenant temps de partir ; une moto m'emmène jusqu'au village, à l'arrêt du car.
9h Quelques coups de klaxon pour prévenir les éventuels retardataires. Il pleut ! Ca ne va pas arranger la route. Je ne verrai pas Longpei sous le soleil : l'an dernier la brume, hier le vent, aujourd'hui la pluie, le brouillard. La route est tout de même meilleure que la veille.
10h30 Nous arrivons à Gongdong. Une bonne douche ! En 2 coups de main, les 3 sacs sont prêts. L'un s'est vidé d'une dizaine de cadeaux, mais s'est déjà rempli d'objets en vue des expositions. J'ai à peine le temps de tailler une bavette avec l'aubergiste que le car arrive.
11h Je grimpe dans le car et suis à Danian à 12h ; on m'indique l'hôtel. Ce n'est pas aussi beau ni aussi convivial que dans les 3 autres auberges et c'est pourtant plus cher: 60 yuans ; la literie est propre mais le ménage n'est pas fait. L'hôtel donne sur une grande cour ; le quartier paraît calme. Les 3 mantou achetés à Gongdong xiang me servent de repas.
14h Personne chez Marine ni au bureau de CdC ni dans les 2 appartements ; je fais un tour dans le bourg; rien n'a changé. Puis je vais à Gulou voir la nouvelle Tour du Tambour, construite par CdC pour remplacer celle qui a brûlé en même temps que le village. Je suis déçue par les peintures. J'en avais vu de si belles l'an dernier représentant les divers métiers du village. Pourtant c'est un peintre réputé dans la région qui les a créées ! Au collège, une nouvelle bâtisse est en construction; ce sera le dortoir des enseignants; les sacs de ciment sont déchargés à l'entrée et les femmes les portent sur leur dos en gravissant les marches qui mènent au collège.
Au retour on m'offre un siège et peu après, Tom, le traducteur anglophone, arrive. Je vais au bureau avec lui et lui indique tous les points litigieux que je viens de rencontrer. Il téléphone à l'Ecole Centrale de Baiyu :
- Je ne sais pas ce qu'elle voulait !
J'avais le nom des petites et leur référence ; il voulait surtout se débarrasser de moi ! D'où un long chemin inutile jusqu'à Gaolan alors que ma filleule se trouvait dans son école ! Tom prend le temps de m'écrire le nom en chinois sur chaque fiche ; ça servira pour la prochaine visite !! Je passe à l'appartement de Pays Miao ; Julie, l'interprète, et 1 couple originaire de Franche-Comté viennent d'arriver. Quelle joie de retrouver Julie ! Ensuite arrivent Da Wei et Xiao Wei, les 2 cuisinières, ensuite Jean-Paul et sa femme. Que de monde connu ! Avant le dîner, je prépare les pamplemousses avec les cuisinières ; j'aime être avec elles, donner un coup de main, ce qui m'avait été reproché par l'ancienne responsable CdC de Beijing en mars 2009 ! Même si les cuisinières sont rémunérées, je ne vois pas en quoi les aider dévaloriserait leur travail ! Laodong n'a jamais nui à personne ; au contraire c'est par ce partage des tâches que l'on peut nouer de solides et durables relations ! Dans mon travail de sociologue, j'ai toujours prisé l'observation participante et c'est une règle que j'ai essayé d'inculquer à mes étudiantes.
Avant de se quitter, Marine et Tom établissent le programme pour le lendemain. Ils proposent Muye et les villages environnants ; aussi je change mon planning et je me joindrai à eux.
21h Sur la place, en dessous des appartements, les femmes dansent ; chaque soir elles s'entraînent aux danses modernes pour se présenter à un concours. Je retrouve l'hôtel, prépare mon sac pour le lendemain.
23h Des jeunes arrivent, crient, rient, tirent des lits. Quel vacarme ! On se croirait en Italie ! Et ce jusqu'à minuit !














