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3e Séjour à Danian de Josette (CdC Rhône Alpes) 2010

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Article Index
3e Séjour à Danian de Josette (CdC Rhône Alpes) 2010
Vendredi 26 mars : en route pour le Guangxi
Samedi 27 mars
Dimanche 28 mars
Lundi 29 mars
Mardi 30 mars
Mercredi 31 mars : départ pour Longpei
Jeudi 1er avril
Vendredi 2 avril
Samedi 3 avril : gaoliao, Yala et Xiangtang
Dimanche 4 avril
Lundi 5 avril : Qingming jie, la fête des morts
Mardi 6 avril
Mercredi 7 avril
Vendredi 9 avril : le retour
Samedi 10 avril
Annexe : coût du séjour
All Pages
3ème S É J O U R  D A N S   L E  G U A N G X I du 26 mars au 10 avril 2010

 

Avant mon départ pour la Chine, je termine une exposition sur Couleurs de Chine à la Mairie du 2ème à Lyon (France). 17 parrains et marraines ont répondu à mon appel et viennent déposer à la mairie qui une lettre accompagnée de photos et cartes postales, qui de petits cadeaux, un billet.
Aussi cette année, mon objectif est-il de rencontrer 30 filleules ; à mon retour, je pourrai alors donner aux parrains des nouvelles directes, ce qu'ils attendent avec impatience. Renforcer les liens avec leurs filleules est un souhait des parrains, exprimé lors des Assemblées Générales tenues en janvier à Paris.

 

 

 

 


Vendredi 26 mars : En route pour le Guangxi
17h30 j'arrive à la Gare de l'Ouest à Beijing, chargée comme un bourricot : 1 sac à dos contenant mon linge pour les 15 jours, 1 sac contenant le classeur avec une fiche pour chacune des 30 filleules que je voulais rencontrer, un carnet pour noter chaque jour mes faits et actes, mes impressions, mon casse-croûte pour les 3 repas dans le train et 1 grand sac avec les 30 cadeaux à remettre aux petites, classés d'après l'ordre des cantons que j'irai visiter. La salle d'attente 9 est archi-comble ; plus de place pour s'asseoir ; des vendeurs à la sauvette proposent des tabourets à 6 yuans et des jeux de cartes avec des vues de Beijing, vendus 2 yuans ... au lieu de 10 yuans dans les autres magasins de la capitale.

 


18h15 Notre train est annoncé ; la file se met en mouvement. Par chance, la voiture 12 est en bas de l'escalier ! Tout est plein ! Le vendredi soir n'est peut-être pas le jour idéal pour voyager !
Dans ma cabine à « couchettes molles », 3 jeunes, sympathiques, qui plus est connaissent l'anglais. L'un travaille à Beijing et se rend à Guilin pour 1 mois ; les 2 autres vont à Changsha ; l'un, 30 ans, est assistant à l'Université de Changsha en Communication ; il vient de passer 1 semaine à Beijing, dans une entreprise qui lui a fait appel ; sa femme était une compagne d'école ; ils s'étaient perdus de vue pendant 10 ans ; ils se sont retrouvés, se sont mariés et ont un fils de 10 mois.
Il est fan de films français, italiens ; il va à l'étranger pour des conférences, à Rome, 1 semaine en Allemagne. Je leur présente l'Association, leur remet la brochure traduite en chinois ; ça sert !, leur montre une partie des photos de mon séjour dans le Guangxi en 2009 ; j'avais gardé mes 3 cartes mémoires pour les montrer à mes amis chinois.
- Et en France, vous avez des pauvres?
- Oui! Beaucoup d'Associations sont là pour aider les SDF, les laissés-pour-compte
- Tu les aides?
- Oui, chaque année j'envoie des chèques à une dizaine d'associations

 



Samedi 27 mars
8h. C'est le Sud ! Le ciel est bien gris, mais tout est vert, le colza est en fleur ! Une petite église dans un village semble toute neuve ; dans un autre plusieurs croix apparaissent au-dessus des toits des maisons.
11h Changsha ; les 2 assistants descendent du train ; je reste avec Qin Lin qui va étudier 1 mois à Guilin. Il me donne son n° de portable mais ne peut me donner son adresse car il fait partie de l'Armée de l'Air. Autrefois il était pilote ; maintenant il travaille dans les bureaux. Il est si ému par nos actions auprès de la population Miao qu'il me remet 50 yuans pour les petites filles ; il en a les larmes aux yeux.
- Love resolves everything !
Il est persuadé qu'il suffit d'aimer, d'avoir le coeur chaud pour que tous les problèmes soient résolus ! Il pense que l'Association nous paye tous nos frais : déplacements, logement, restaurant...
J'essaye d'expliquer que cette association fonctionne sur le mode du bénévolat ; ainsi chaque adhérent verse à l'Association 10 fois moins que les autres associations de parrainage.
-Tout ce que vous faites pour l'Association doit représenter une grosse partie de votre salaire !
- Chaque adhérent agit en fonction de ses possibilités.

Nous partageons nos friandises. Il me remet une poire. Je veux la partager. Impossible ! J'avais
oublié le dicton chinois ; il existe 2 caractères li ; l'un signifie poire, l'autre diviser ; Si on partage une poire, ce sont les liens qui sont coupés !
- Non! Je ne voudrais pas que nos relations s'arrêtent là !
Alors, je mange la poire entière ; la pomme, nous pouvons la partager. Il m'offre des pâtes de fruit :
- C'est bon pour la santé car elles sont faites à partir de fruits sauvages.

 


18h30 Nous arrivons à Guilin ; Qin Lin attend que mon amie soit là. Madame Li arrive avec sa bicyclette ; nous installons les bagages sur sa bicyclette et nous passons à la gare routière pour connaître les heures de départ pour le lendemain. Monsieur Wang a préparé, selon ses habitudes, un délicieux repas : beaucoup de légumes, fromage de soja séché avec des poivrons, un poisson, quelques filets de poulet, pousses de petits pois, soupe aux champignons ; un vrai banquet !
Après le repas, nous regardons les photos du Guangxi. Ils découvrent une partie du Guangxi,
quasiment inconnue des Han.

 


Dimanche 28 mars
Lever 6h30 ; en direction de la gare routière, j'achète des baozi, 50 centimes le petit pain farci à la viande ou aux légumes pour notre petit déjeuner. Nous arrivons un peu tôt à la gare. De beaux cars de luxe sont alignés ; c'est une gare routière importante.

 


8h30 Le car pour Sanjiang démarre. 45 yuans et 2 yuans de taxe ; on a droit à une bouteille d'eau chacun.
3 heures après, nous arrivons à Sanjiang ; immédiatement j'ai un bus pour Banjiang : 17 yuans + 3 yuans de taxe; sur la route, je suis surprise par le nombre de Tours du Tambour récemment construites : une nouvelle à la sortie de Sanjiang et 3 plus petites entre Sanjiang et Banjiang ainsi que de petits kiosques.
13h ; je descends du car, au croisement de Banjiang. Quelle joie ! Je retrouve le petit garçon que j'avais vu en 2007 ; il me reconnaît :
- C'est toi qui nous as envoyé des photos ?
J'avais effectivement envoyé un bel agrandissement et d'autres photos des enfants et de leur mère. Je n'avais jamais su s'ils les avaient reçues.
Il a maintenant 14 ans et va au collège. Peu après sa soeur arrive ; elle aussi va au collège. Maintenant la maman travaille à l'extérieur ; aussi quand elle n'est pas là, ce sont les ados qui tiennent l'échope. En attendant les clients, la jeune fille brode aux points de croix un grand tissu.
Elle est pour l'instant plus intéressée à discuter avec ses copains. Je lui laisse 2 paires de soquettes, pour elle et pour son frère.


13h20 Le car en direction de Danian arrive ; je paye 15 yuans jusqu'à Baiyun xiang (xiang = chef-lieu). L'aubergiste me reconnaît. J'ai une grande chambre à 2 lits. Je pensais gagner du temps en me rendant à Gaolan et Bangjiang, mais personne pour prévenir les instituteurs et les familles. Il ne me reste plus qu'à attendre le lendemain. Je fais mon tour habituel : les magasins, le marché, le collège ; retour par la grande route. Il fait très chaud ; ce sera la seule journée ensoleillée et chaude ! Même le bureau de la Sécurité est fermé.
18h Je me dirige vers l'Ecole Centrale ; la cour est pleine d'enfants ; tous ceux qui habitent à l'extérieur du chef-lieu de canton partent chez eux le vendredi après-midi et reviennent à l'école le dimanche après-midi. J'aperçois les instituteurs qui m'avaient accompagnée l'année précédente à Bangyang ; ils me fixent rendez-vous pour le lendemain à 9h.

 

 


Lundi 29 mars
3h du matin ; les coqs chantent déjà ! Un chien aboie et tous répondent ! Je lis ; j'essaye de couper l'eau froide qui fuit dans la petite salle d'eau.
8h je descends ; petit déjeuner : un bol de nouilles à 3yuans, même assaisonnement que la veille. Dans ce bourg, on ne trouve pas de mantou, pain cuit à la vapeur ; dommage ! Car ça remplit bien l'estomac et c'est ce qui ressemble le plus à notre pain. Le bureau de la Sécurité est toujours fermé ; dans chacun de ces bourgs, tout commence à 9h.

 


9h Je me rends à l'Ecole Centrale où j'avais rendez-vous. Les instituteurs sont tous en réunion. Le chef la mène bon train. Chacun a une feuille et note des détails ; les enfants sont dans la cour ; les garçons balaient.
9h20 Sonnerie. Chacun se dirige vers sa classe. En une minute la cour est vide.
9h30 La réunion s'achève. Le chef donne quelques coups de téléphone pour savoir si les filles sont là, m'écrit où les rencontrer. Je retourne à l'auberge pour chercher une moto qui puisse m'emmener dans les différents villages. L'aubergiste demande à son mari si lui ne pourrait pas m'emmener. Il veut que je fixe le prix. Il me propose 120 yuans. J'accepte car je pense qu'il faudra 1 journée pour passer dans les 3 villages. Il apporte 2 casques et va chercher sa moto.


10h30 J'attends toujours ! Le ciel se couvre. Dommage, ce n'est pas le beau soleil de la veille !
Aujourd'hui, on supporte l'anorak ; je pensais qu'il allait m'embarrasser !!
Zen, zen, les heures tournent ! Enfin c'est l'heure du départ ! Je prends ma grosse cape car on annonce la pluie. Le ciel est couvert mais à midi il se dégage.
En route pour Gaolan ; comme son nom l'indique, c'est vraiment haut ! Nous arrivons à l'école à midi. Les enfants sont en train de manger leur bol de riz, rien de plus. Les 2 instituteurs aussi.
Les 2 filles que je cherche ne sont plus ici ! L'école est petite ; il n'y a que 4 classes ; les 2 années suivantes les élèves sont envoyés à l'Ecole Centrale de Baiyun, là d'où je viens !!
Heureusement, le directeur ouvre son tiroir et je reconnais la lettre que j'ai envoyée de France
en février quand on m'a attribué cette nouvelle filleule. Allez comprendre pourquoi il ne la lui a jamais remise, alors qu'elle vient passer les week-ends à Gaolan ! Je prends la lettre et la remettrai en mains propres à ma filleule !


Nous rebroussons chemin et prenons l'embranchement pour Bangyang. La petite école est
fermée entre 12 et 14h ; les enfants retournent chez eux. Nous demandons la maison de Yang Mei-pian ; quelqu'un nous conduit jusqu'à la maison de la grand-mère. La maman qui habite plus loin est au travail dans les champs avec sa plus petite fille et le grand-père.
Quand je demande si Mei-pian est à la maison, la grand-mère nous apprend qu'elle est partie avec son père à Nanning quand il est venu pour le Nouvel An Lunaire ; la Maman a beaucoup pleuré quand la petite est partie. Elle reviendra pour les prochaines fêtes du Printemps. Je laisse à la grand-mère tout ce que je lui avais apporté ; le jour même le grand-père fera porter le petit paquet à Mei-pian qui m'enverra une gentille lettre ; malheureusement son adresse n'est pas très bien écrite et je ne sais pas si les lettres que je lui envoie à Nanning lui parviennent. Ce qui est dommage, le parrainage s'arrête quand les petites quittent l'école de leur village pour rejoindre le papa émigré. Pourtant, dans ces écoles pour les enfants de Min-gong, les paysans-ouvriers,les frais de scolarité sont bien plus élevés que dans les villages. Mais pour Couleurs de Chine il est impossible d'assurer un parrainage, car ces écoles sont géographiquement trop dispersées. Il existerait d'autres associations pour venir en aide aux min-gong.


Nous reprenons la moto ; après le chef-lieu de Baiyun xiang, nous descendons et à l'embranchement nous prenons la route de Baojiang ; elle longe une belle rivière d'un bleu sombre,
bordée de gros rochers. C'est beau, c'est sauvage ! J'aurais aimé prendre quelques photos.
On arrive à Baojiang ; Il n'est pas encore 14h mais la cour est pleine d'enfants ; certains jouent au tennis de table ; on a placé une branche de bambou en guise de filet ! D'autres jouent au volant..
Le directeur appelle les 2 fillettes que je suis venue voir. Je suis surprise car l'une d'elle n'a pas 5 ans mais 14 ans, une jolie fille ; elle va chercher son petit frère qui est aussi dans cette école ; l'autre a 13 ans; elle a aussi un petit frère de 3 ans. Je laisse les petits cadeaux et 10 yuans à chacune dans une enveloppe rouge.
En fait je saurai plus tard que plus loin il y a une autre école avec les petites filles que je cherchais. Dans ce village de l'ethnie Yao, les noms et prénoms sont souvent les mêmes ! C'est pourquoi dans les fichiers à Danian, pour chaque filleule est aussi porté le nom de son père pour qu'aucune erreur ne soit commise!

Nous reprenons la route. Après le croisement nous nous arrêtons; tout un village vient d'être
construit au sommet d'une colline qui domine la vallée ; on dirait une architecture Dong.
14h30, nous arrivons à Baiyun; comme déjeuner, je prends encore 1 bol de nouilles, avec le même assaisonnement !
15h Je vais de nouveau à l'Ecole Centrale puisque, me dit mon chauffeur, les petites que je cherche sont là.
Jia Mei-hao, ma nouvelle filleule, est dans la cour ; elle suit avec ceux de sa classe, un cours de gong fu; elle est adorable avec ses joues rebondies et colorées, et son foulard rouge de pionnière.
Je lui remets mes petits cadeaux; on prend des photos. Elle m'embrasse sur les 2 joues. Je suis étonnée, car ici ce n'est pas une habitude ; et elle retourne à son cours de gong fu. L'institutrice qui s'occupe de Mei-hao se tient près des élèves pendant ce cours dispensé par un spécialiste. Elle me parle de ma filleule : C'est une fille gentille. Elle me donne son nom, son adresse, son n° de téléphone pour que je l'appelle quand je veux ; elle loge sur place ; une partie d'un bâtiment est réservé aux instituteurs qui viennent de l'extérieur.
Je retourne à l'auberge, prends mes sacs et vais attendre le car. Il arrive à 17h. Hong Shui xiang
est son terminus ; il me dépose près de l'auberge, qui se trouve dans une impasse, bien calme. J'ai une petite chambre à 1 lit, bien propre à 30 yuans, avec une petite salle d'eau à l'entrée.


18 – 19h; je me repose et en profite pour faire mon compte-rendu. Mais à 19h toutes les boutiques sont déjà fermées et les gargottes ne servent plus à manger ; on m'envoie de l'une à l'autre.
Plus de riz ! Je me contente de l'éternel bol de fen, agrémenté de quelques cacahuètes.
22h j'éteins mais à 2h même concert de chiens ! Après la lecture de l'Almanach breton destiné à Marine, j'espère retrouver le sommeil. Le vent souffle très fort.

 


Mardi 30 mars
Je me rends au Bureau de l'Education, au bout du village. Le professeur qui me reçoit redouble d'efforts pour vérifier le nom de la petite que je vais voir à Zhiliao ; Il a le nom de toutes les filles parrainées sur le canton ; il m'emmène sur sa petite moto jusqu'à l'embranchement. Sa moto est trop faible pour affronter cette route nouvellement construite qui monte trop. Il me prête son parapluie car il bruine. Je continue à pied, 1 heure de marche ; je suis trempée de chaud tellement c'est raide ! Je croise des hommes, des femmes chargées de paniers de fumier qu'elles transportent à l'aide de la palanche jusqu'aux rizières ; toujours le sourire; elles sont si contentes que je les prenne en photo ! J'aperçois le village, mais la route contourne la montagne ! Je pense à Fanfang qui parcourait tous ces chemins à pied.

 

Un croisement ; je demande où se trouve l'école ; Tout droit ! me dit-on et j'atteins le centre du village, une place avec des magasins. Heureusement un instituteur arrive en moto ; nous rebroussons chemin et grimpons vers le nouveau quartier; l'école a été construite il y a 5 ans ; elle accueille 152 élèves et 6 instituteurs. On me reçoit dans le bureau, impeccablement rangé.Puis nous allons au 3ème étage pour rencontrer Rong Xian pendant son cours ; je lui remets les petits cadeaux de Soeur Madeleine, soeur du Prado ; elle ne manque jamais une occasion pour venir aux expositions à Lyon sur le Guangxi pour mieux connaître la vie quotidienne des paysans de ces montagnes. Je joins un billet de 10 yuans. L'instituteur lui demande de lire la carte de sa marraine, que j'ai fait traduire par ma vieille amie Wang Yun-zhen à Beijing. La petite est intimidée. Je chante alors une chanson en français, Colchique dans les Prés en indiquant le contenu en chinois ; à leur tour les enfants chantent l'hymne national. Puis c'est la fin des cours. Tous les élèves partent déjeuner dans leur famille. Avec le directeur, nous allons à la maison de Rong Xian. Tout au long du chemin, je prends beaucoup de photos pour que les Soeurs du Prado se rendent compte du village où vit leur filleule.A la maison, quel accueil ! La jeune Maman, 28 ans, le petit frère de 5 ans, la grand-mère, puis arrive le Papa, un jeune et bel homme et la tante. La Maman et la grand-mère caressent mon dos.Ici c'est une pratique courante. La petite a le sourire quand elle montre à sa maman les cadeaux qu'elle a reçus. Les voisins arrivent avec leurs enfants ; on nous offre un bol de riz, cuit dans la cocotte-minute, des feuilles de chou cuites avec du lard et 1 verre d'alcool de leur confection, assez sucré. Et nous retournons à l'école.


A côté une vieille bâtisse où sont les cuisines et une partie réfectoire avec des tables et des bancs où les élèves peuvent manger quand il ne fait pas beau. Un des instituteurs a préparé le repas : canard, boeuf, chou et riz. Comme boisson, on sert de la bière. Manger du canard, qui à notre goût manque de cuisson, me pose toujours des problèmes. Heureusement les légumes sont plus faciles à attraper. Pendant le repas, Rong Xian est intimidée ; j'essaye de lui parler pour la faire participer. Nous visitons les alentours : en face de la bâtisse, un jardin potager avec une grande variété de choux et des blettes, qui serviront pour préparer les repas. A côté, des nouvelles maisons sont en construction, appartenant au Gouvernement ; elles sont vendues 20 000 yuans ; les instituteurs n'en bénéficieront pas. On a l'impression d'une société scindée en 2 : d'un côté les nouveaux riches, de l'autre les paysans pauvres pour qui rien n'a changé. Ce sont les adieux ; on me remet 2 DVD sur l'inauguration de l'école car ce fut une grande fête. Un instituteur m'accompagne au chef-lieu du canton. Je dépose le parapluie que l'on m'a prêté ; les enfants jouent sur le monticule de terre et sable qui sert à refaire un mur d'enceinte de l'école.


14h Je passe à l'auberge prendre mes bagages ; en allant à l'arrêt du car, je bavarde avec la brodeuse – couturière (elle brode à la machine) et la pharmacienne ; elle m'apprend que le 14 il y aura une grande fête des Miao et que l'on peut trouver à Liangzhai des porte-bébé faits main.


14h30 Le car arrive et me dépose au chef-lieu de Gongdong xiang à 15h (5 yuans le trajet); je vais directement au Bureau de l'Education ; je connais une partie du personnel puisque c'est la 3ème fois que j'y vais. Quand ils me voient avec tous ces bagages, ils essayent de trouver une voiture pour me conduire à Longpei ; leur chef, un paysan que je vois sur sa machine agricole dans la rue, est d'accord. J'attends au bureau. Celui qui me reçoit est un Han; son chinois est clair. Il me sert d'interpète car le chinois de Liuzhou et des environs est parfois difficile à comprendre. Voyant que la voiture n'arriverait pas, je me dirige vers l'auberge où je suis bien connue ! Je retrouve ma vaste chambre habituelle, la 402, à 2 grands lits qui donne sur la colline. Dans la salle d'eau de grandes serviettes qui sentent bon le propre ; une grande TV. Il y a quelques années, il fallait descendre au rez-de-chaussée pour remplir la bouteille thermos; elle a été remplacée par une bouilloire électrique. C'est toujours avec plaisir que je viens dans cette auberge, tellement le personnel est bienveillant. Au bureau, on m'invite à dîner avec eux pour fêter le départ d'un jeune.
Nous traversons le village et nous attendons dans une salle au 1er étage, au-dessus du restaurant ; 3 jeunes arrivent ; l'un est vétérinaire, les 2 autres travaillent au dispensaire, après 3 années d'étude. Un autre arrive ; il m'a aperçue à Baiyun. Il part continuer ses études et le bureau fête son départ. C'est pourquoi ce soir tous les membres sont là au grand complet.


En les attendant, nous buvons du lait aux cacahuètes, huasheng niunai ; les jeunes qui travaillent au dispensaire me vantent leur région et m'inscrivent tous les lieux que je devrais visiter. Nous descendons dans la salle de restaurant ; les 2 tables se remplissent ; le chef du Bureau de l'Education pour le canton et celui pour la région sont présents ainsi que tous ceux qui travaillent au bureau. C'est un véritable banquet : soupe au gras de porc bien cuit, puis poulet. A côté plusieurs plats de légumes, puis on ajoute des tranches de boeuf très fines dans le bouillon ; les gan bei vont bon train. Les 4 jeunes ne sont pas habitués à boire, mais ils ne veulent pas perdre la face. Ils boivent tout en faisant la grimace ; puis ils font passer l'alcool avec 1 verre de huasheng niunai. L'atmosphère s'échauffe, les joues se colorent, les yeux deviennent opaques. A 20h30 je préfère me retire r; une des filles et « mon interpète » m'accompagnent jusqu'à l'auberge. Dans la nuit, des trombes d'eau s'abattent dans la région.


 


Mercredi 31 mars: départ pour Longpei
8h Je descends acheter 3 baozi ; ces petits pains farcis à la purée de haricots rouges que l'on confectionne partout dans ce chef-lieu me serviront non seulement de petit-déjeuner mais aussi de déjeuner !
8h30 Je me rends au bureau. 2 personnes sont là ; les autres arrivent peu à peu jusqu'à 9h. Les femmes balayent leur bureau, le couloir.

 


9h15 elles vont prendre le thé dans une des pièces. Je ne sais pas trop quand ces employés travaillent ! J'apprends qu'en raison de la pluie, les voitures ne peuvent pas passer. Je finis par savoir que le car pour Longpei passera à 12h40. Quelle précision !! Je vais à l'auberge et attends le car au bas de l'auberge. Ceux qui mangent s'amusent à me voir écrire en français ! Comme je découvre sous la TV un lecteur de DVD, je demande si l'on peut regarder les 2 DVD que m'a donnés le directeur de l'école de Zhiliao. Pour les passants, c'est la grande distraction ! Ils s'arrêtent, ils regardent, ils commentent.


Le 1er DVD présente le village, les champs en terrasses, l'ancienne école, la fête pour l'inauguration de la nouvelle école: la danse avec les bambous, accompagnée par les lusheng, instruments de musique en bambou typiques des Miao, le lever du drapeau, la préparation des canards pour le repas, la découpe de la viande; la fête commence avec le défilé des majorettes et des tambours puis des Miao avec les lusheng ; les officiels arrivent ; sous le portique, on leur offre 1 verre d'alcool. Les Miao, en jupes noires, arrivent dans la cour de l'école ; les tables pour les officiels sont recouvertes de tissu rouge ; tout autour, sur les hauteurs, les villageois sont assis par terre ou sur de petits tabourets.


Le 2d DVD débute avec l'appel de tous les officiels, assis sur des chaises ; derrière eux les danseuses puis les élèves ; les discours des officiels, le lever du drapeau, la distribution des cadeaux ; pendant que les officiels coupent les rubans, retentissent les pétards. Dans les salles de classe les plats sont déjà installés sur les tables; les officiels sont invités à participer à la danse des bambous au son des lusheng; on invite officiels et instituteurs à se mettre à table; puis à la fin du repas, les filles mettent au cou de chaque convive des oeufs entourés de fils de laine colorés ; en partant ils sont invités à boire un grand verre d'alcool. Puis les vieilles, les jeunes femmes en costume peuvent manger. On distribue aux villageois la viande avec les mains, la soupe (ils la boivent à même la gamelle).


En regardant les DVD, 2 heures se sont écoulées. Il reste encore 1 heure. Je fais un tour dans le village qui, en 1 an, s'est agrandi : moins de couturières ; des restaurants dans les bâtiments neufs, le fabricant de chaussures a disparu, la coiffeuse n'est plus là, une belle pharmacie est apparue. Je fais quelques emplettes en vue des expositions : 1 botte en vannerie pour 15 yuans, 1 pot en vannerie pour 20 yuans. Quelques jeunes femmes brodent à la main, mais c'est pour offrir ; l'une brode une veste pour un enfant. Dommage les seuls porte-bébé que je vois sont brodés à la machine.
Je paye ma chambre pour 2 nuits mais je ne suis pas sûre de rentrer ce soir. Le mari de l'aubergiste sachant que j'allais chez Yang Zhen-lin m'apprend qu'il était son instituteur quand celui-ci enseignait à Gongdong ! Monsieur Yang est connu dans toute la région !


A 14h15 le car arrive ! Comment pouvoir connaître son heure d'arrivée ? Il y a tellement d'arrêts imprévus ; parfois le car doit s'arrêter et le receveur descend pour enlever de la chaussée un gros caillou ou une grande branche ; ailleurs il remet un colis à un villageois ; plus loin il descend prendre un chargement. A un croisement, un grand nombre de passagers descendent. 13 motos les attendent pour les emmener à leur village ; les palanches sont lourdement chargées d'objets divers; j'aperçois même une bicyclette pour enfants. Tout est en train de changer ! De nouveaux besoins sont apparus et les femmes n'hésitent pas à se rendre à la ville pour consommer. A cet arrêt le chauffeur me demande où je vais : voir Yang Zhen-lin à l'école. Il m'apprend qu'il est à Gongdong xiang pour une réunion ! A 16h30 nous arrivons à Longpei ; plus de 2 heures car après la pluie, la route est pleine d'ornières. Je m'engage sur le chemin de l'école. Heureusement que je porte des pataugas locaux, bien crantés, recommandés par Fanfang car dans le village la chaussée est glissante.
La grand route jusqu'à l'école traverse des forêts. C'est magnifique ! Les champs en terrasses sont, une fois de plus, dans la brume ! Je rejoins un jeune couple ; leur enfant dans les bras a 1 an. Puis une moto s'arrête ; c'est le chauffeur du car, avec sa belle veste de lainage bleu foncé ; Quelle chance ! Il m'emmène jusqu'à l'école ! Sinon, il m'aurait fallu une bonne heure de marche.


17h j'arrive à l'école ; un enseignant appelle le directeur que j'ai connu l'an dernier. Je monte au bureau, au 1er étage du bâtiment construit par Couleurs de Chine. 3 instituteurs jouent aux cartes ; c'est le moment de la détente ; sur son ordinateur, le directeur recherche les noms des 8 filleules. Parrains, n'oubliez pas d'indiquer les lettres et chiffres de références de vos filleules; ça facilite les recherches !
18h Yang Zhen-lin arrive, en moto, de sa réunion. Le directeur et lui continuent leurs recherches, téléphonent aux petites pour les faire venir à l'école. La brume tombe, les feuilles de papier deviennent humides. Des enfants viennent regarder la TV dans le bureau des enseignants ; certains apportent leur bol de riz et mangent devant la TV. 7 des fillettes arrivent à tour de rôle ; je leur remets des petits cadeaux et un peu d'argent ; je m'informe sur leur famille pour pouvoir donner des nouvelles précises à leur parrain ou marraine. Une seule est absente.


19h30 Le directeur m'accompagne chez M. Yang ; il a tué un poulet et l'ébouillante ; je l'aide à le plumer, en pensant à ma grand-mère qui m'a appris ces gestes simples que peu de citadines connaissent. Nous lavons plusieurs légumes, découpons une pousse de bambou, faisons sauter un poisson dans le wok ; attention les arêtes ! M.et Mme Yang continuent à cuisiner dans l'ancienne cuisine traditionnelle ; leur maison a brûlé comme cela arrive fréquemment dans cette région où les maisons sont en bois. En 2009, il était navré de ne pas pouvoir m'accueillir dans sa maison dont toute une partie avait disparu dans l'incendie ; j'avais donc couché dans le bâtiment construit par Couleurs de Chine ; au rez-de-chaussée, à côté de la salle de classe, une petite chambre, avec un beau lit en bois et une couverture ouatée, sert pour les hôtes de passage. Cette année Yang Zhen-lin est fier de me recevoir dans sa nouvelle maison, construite avec l'aide de ses amis qui , ce soir, viennent partager notre repas. C'est une maison en dur qui ne craindra plus les incendies ! A l'étage une grande salle de séjour; une porte donne accès sur la ruelle; un grand escalier arrivera à un étage non terminé ; la rampe de l'escalier permet de faire sécher des tas de feuilles ; le thé sèche dans des vanneries plates et régulièrement la grand-mère vient retourner délicatement les petites feuilles ; dans la salle le grand poste de télévision qui marche en permanence pendant le repas, des ustensiles qui servent encore, comme un piège à poisson ; la grand-mère et lui me montrent comment s'en servir, une machine à coudre ; j'en vois dans presque chaque maison de ce district ; le couloir qui mène à l'ancienne cuisine donne accès à leur chambre qu'il tient fermée à clé, la salle d'eau, les WC à la turc, et en face la chambre de leur fille ; comme elle est à l'université, de même que son frère, cette pièce sert aussi de réserve : des sacs sont entassés ; sur un fil sont suspendus les vêtements que leur fille laisse ici; son lit est recouvert d'une belle couverture rouge ; c'est là que je dormirai.
Le repas est très convivial ; les grands-parents qui vivent dans l'ancienne maison, ce qu'il en reste, prennent leur repas avec leur fils ; nous sommes une dizaine ; Yang a préparé un vrai festin, copieusement arrosé d'alcool de riz.
Après le repas, on me passe une cuvette d'eau chaude pour la toilette avec une savonnette.

 


 


Jeudi 1er avril
Pour le petit déjeuner, c'est le thé à l'huile avec du riz extrudé, typique de la région. M. Yang donne quelques coups de fil et me passe son portable : une Française au bout du fil ! Quelle surprise! Ca fait une semaine que je n'ai pas entendu parler français ! Cette personne, originaire de Rodez, enseigne le français à l'Université des Minorités à Nanning ; elle a 40 étudiants ; elle traduit des lettres pour les filleules ou les parrains. Pour le Nouvel An elle est venue à Danian et est passée chez M. Yang à Longpei ; cette année elle retournera en France. Il est maintenant temps de partir ; une moto m'emmène jusqu'au village, à l'arrêt du car.

 


9h Quelques coups de klaxon pour prévenir les éventuels retardataires. Il pleut ! Ca ne va pas arranger la route. Je ne verrai pas Longpei sous le soleil : l'an dernier la brume, hier le vent, aujourd'hui la pluie, le brouillard. La route est tout de même meilleure que la veille.
10h30 Nous arrivons à Gongdong. Une bonne douche ! En 2 coups de main, les 3 sacs sont prêts. L'un s'est vidé d'une dizaine de cadeaux, mais s'est déjà rempli d'objets en vue des expositions. J'ai à peine le temps de tailler une bavette avec l'aubergiste que le car arrive.
11h Je grimpe dans le car et suis à Danian à 12h ; on m'indique l'hôtel. Ce n'est pas aussi beau ni aussi convivial que dans les 3 autres auberges et c'est pourtant plus cher: 60 yuans ; la literie est propre mais le ménage n'est pas fait. L'hôtel donne sur une grande cour ; le quartier paraît calme. Les 3 mantou achetés à Gongdong xiang me servent de repas.


14h Personne chez Marine ni au bureau de CdC ni dans les 2 appartements ; je fais un tour dans le bourg; rien n'a changé. Puis je vais à Gulou voir la nouvelle Tour du Tambour, construite par CdC pour remplacer celle qui a brûlé en même temps que le village. Je suis déçue par les peintures. J'en avais vu de si belles l'an dernier représentant les divers métiers du village. Pourtant c'est un peintre réputé dans la région qui les a créées ! Au collège, une nouvelle bâtisse est en construction; ce sera le dortoir des enseignants; les sacs de ciment sont déchargés à l'entrée et les femmes les portent sur leur dos en gravissant les marches qui mènent au collège.
Au retour on m'offre un siège et peu après, Tom, le traducteur anglophone, arrive. Je vais au bureau avec lui et lui indique tous les points litigieux que je viens de rencontrer. Il téléphone à l'Ecole Centrale de Baiyu :
- Je ne sais pas ce qu'elle voulait !


J'avais le nom des petites et leur référence ; il voulait surtout se débarrasser de moi ! D'où un long chemin inutile jusqu'à Gaolan alors que ma filleule se trouvait dans son école ! Tom prend le temps de m'écrire le nom en chinois sur chaque fiche ; ça servira pour la prochaine visite !! Je passe à l'appartement de Pays Miao ; Julie, l'interprète, et 1 couple originaire de Franche-Comté viennent d'arriver. Quelle joie de retrouver Julie ! Ensuite arrivent Da Wei et Xiao Wei, les 2 cuisinières, ensuite Jean-Paul et sa femme. Que de monde connu ! Avant le dîner, je prépare les pamplemousses avec les cuisinières ; j'aime être avec elles, donner un coup de main, ce qui m'avait été reproché par l'ancienne responsable CdC de Beijing en mars 2009 ! Même si les cuisinières sont rémunérées, je ne vois pas en quoi les aider dévaloriserait leur travail ! Laodong n'a jamais nui à personne ; au contraire c'est par ce partage des tâches que l'on peut nouer de solides et durables relations ! Dans mon travail de sociologue, j'ai toujours prisé l'observation participante et c'est une règle que j'ai essayé d'inculquer à mes étudiantes.


Avant de se quitter, Marine et Tom établissent le programme pour le lendemain. Ils proposent Muye et les villages environnants ; aussi je change mon planning et je me joindrai à eux.
21h Sur la place, en dessous des appartements, les femmes dansent ; chaque soir elles s'entraînent aux danses modernes pour se présenter à un concours. Je retrouve l'hôtel, prépare mon sac pour le lendemain.
23h Des jeunes arrivent, crient, rient, tirent des lits. Quel vacarme ! On se croirait en Italie ! Et ce jusqu'à minuit !

 


 


Vendredi 2 avril
3h Un camion arrive. Des cris de cochon ; je croyais qu'on l'égorgeait ! Ca continue ; j'ouvre la porte et regarde au-dessus de la balustrade. On débarque 3 cochons du camion ; à chaque descente, les mêmes cris stridents ! On pèse chacun et le camion repart. Les coqs prennent la relève.
6h Le 1er car stationné dans la cour part.
6h30 La musique du collège se met en route; c'est le réveil-matin pour les collégiens. La nuit aura été plutôt courte : 3 heures de sommeil!!
8h Petit déjeuner à l'appartement avec les bonnes crêpes que Fanfang à appris à faire à Xiao Wei et Lao Wei ; elle leur a aussi montré comment faire les confitures à partir des fruits sauvages dont regorgent les collines environnantes.

 


9h30 Départ pour Muye à pied ; la route est agréable et la promenade combien enrichissante ! Julie connaît toutes les plantes de sa région et leur utilisation tant culinaire que médicinale ; François Sittre, forestier en Franche-Comté, a une connaissance très élargie sur tous les arbres. Ainsi nous montre-t-il comment compter l'âge d'un arbre. Julie explique qu'à la naissance d'une fille, les parents plantent un arbre. Quand elle atteint l'âge de 18 ans, ils le coupent, le vendent, ce qui leur permet de payer la dot pour son mariage. Aujourd'hui, les paysans ont davantage de revenus ; ils peuvent laisser pousser l'arbre et l'abattre quand il sera plus haut afin d'obtenir plus de profit. Tout le long de la route poussent beaucoup de citronnelles, de camélias dont les fruits se consomment ; l'un, en forme de feuilles plus épaisses, gorgées d'eau, est très rafraichissant. Une plante grimpante, variété de théier, est utilisée comme plante médicinale.


Avant le 1er village, une grande étable a été construite ; 2 familles viennent d'acheter un important troupeau de génisses qu'elles élèvent pour les vendre comme viande de boucherie, ce qui laisse entendre que dans les chef-lieux les revenus sont plus élevés ; dans les marchés, les étals des bouchers sont bien achalandés. Le long de la route, le foin est rangé dans des fenils; c'étaient les 1ers que je voyais dans la région. Un peu plus loin, une tisseuse âgée de 80 ans est au travail ; elle achète le coton et travaille sur commande ; une de ses petites-filles prendrait la relève.


Vue magnifique sur les champs en terrasses. Nous arrivons à Muye, important village de 217 foyers, abritant 1000 personnes. 2 belles-soeurs nous attendent; 2 voisines sont aussi là ; elles nous ont préparé un somptueux repas : bambou conservé dans une sorte de saumure, omelette aux herbes (une sorte de ciboulette qui l'on coupe régulièrement), riz glutineux, thé au riz soufflé... Julie a apporté des fruits. Puis elles nous montrent leurs superbes broderies ; je leur achète pour 560 yuans de broderies en vue des expositions. Elles nous montrent comment elles brodent : elles découpent sur un carton les motifs qu'elles vont broder ; les moins douées dessinent le motif sur le carton, les autres le découpent à main levée ! Dans une vannerie, sont entreposés des morceaux de soie de différentes couleurs ; pour broder, elles tirent un fil de la couleur de leur choix. Elles ont placé les motifs découpés dans le carton sur leur étoffe ; elles les recouvrent au passé plat, ce qui donne à la broderie le relief recherché. La finesse de leur broderie provient des fils de soie utilisés, ce qui serait impossible à obtenir avec nos cotons à broder. Chacune d'entre nous fait son choix de broderies. Elles sont contentes de nos achats. Ensuite elles chantent des chants dong ; elles créent leurs chansons selon les circonstances du moment ; ainsi aujourd'hui dans une chanson, elles nous remercient d'être venus de si loin. Marine nous apprend qu'elles remportent souvent des prix lors des fêtes ! Puis elles nous parlent de leur vie ici et comparent avec nos comportements :
- Une fois que nous sommes mariées, le mari nous précède et nous devons suivre !
Quel bon moment nous avons passé avec ces femmes, dynamiques, enjouées, qui respirent la joie de vivre, même si certaines coutumes ne les valorisent pas !


Nous allons à l'école, en haut du village ; les écoles sont souvent situées sur un promontoire, à l'entrée du village. Je viens voir Suzhen, 5 ans, en section pré-scolaire ; sa marraine, Marie, qui enseigne l'enluminure à Lyon, lui a calligraphié son prénom sur parchemin (peau de chevrette) avec un beau S enluminé ; elle a aussi écrit une lettre en belle calligraphie que lui traduit Julie en langue dong. Elle est intimidée car tous les enfants se pressent autour d'elle. Dans le dernier bulletin reçu, on apprend qu'elle doit faire des progrès en langue chinoise et en math mais qu'elle obtient de bons résultats en dessin ; c'est sans doute l'influence de sa marraine, même si elle est si loin ! Nous ne voyons pas la grand-mère de Suzhen qui est aux champs ; c'est elle qui la garde alors que ses parents travaillent à l'extérieur.


Nous traversons le village ; la Tour du Tambour est vieille de 200 ans ; des vieux sont assis tout autour sur les bancs ; c'est leur lieu de rassemblement; ils viennent papoter. Un portique marque la fin du village ; un petit chemin empierré descend, puis monte au travers des rizières jusqu'à un hameau, Guihe le Haut. Nous arrivons à la maison de Lu Yue-qiong. Il est 17h ; l'école est finie ; Yue-qiong, 5 ans, est très intimidée ; son petit frère a 3 ans ; c'est la grand-mère maternelle (63 ans) qui les garde ; le grand-père est décédé ; leur fille (qui s'est mariée en blanc: c'est la mode ! Les filles passent une robe blanche sur leur jean... pour la photo!) et leur gendre travaillent près de Shanghaï pour la découpe de sets de table en plastique. En gardant les 2 petits, la grand-mère ne peut pas aller aux champs ; sa fille lui envoie de l'argent pour qu'elle puisse acheter les aliments nécessaires. Mais ici dans le magasin on ne trouve pas tout. Le reste, comme le riz, est acheté à Danian par des membres de la famille. Une vache rentre seule à l'étable ; comme dans toutes les maisons, le rez-de-chaussée, est propre, bien rangé ; aucune odeur de bête ne se dégage.
La voiture arrive à notre rencontre. Heureusement, car il restait encore pas mal de chemin à parcourir.

 



Samedi 3 avril : Gaoliao, Yala et Xiangtang
9h30 Nous prenons la route pour Gaoliao par des traverses ; nous croisons des paysans-forestiers qui enlèvent l'écorce d'un sapin coupé ; ça permet qu'il sèche plus vite et qu'il soit plus léger à transporter. Puis ils prennent un autre tronc de sapin et le transportent à 2 jusqu'à Danian où il y a une importante scierie. Dans le village, nous rencontrons une jeune fille qui transporte du fumier ; ses beaux habits roses sont éclatants. Elle est en 3ème année au collège de Danian ; elle ira loin, pleine d'enthousiasme, de vivacité. Nous passons devant l'école, un peu triste quand elle est sans enfant. En 1 an, l'école a été transformée ; elle a un soubassement en ciment. C'est moins beau que cette école tout en bois ! On aperçoit le réfectoire bien rangé en attendant le retour des enfants.
En quittant le village, nous rencontrons un homme qui ramène ses buffles, un fusil à l'épaule ; il chasse tout ce qu'il trouve: petits oiseaux, lapin... Une nouvelle route a été construite jusqu'à Yala. Pour les 3 villages Yala, Gaolia, Xiantang, une école est prévue. Un groupe d'ouvriers place une ligne électrique à l'emplacement de la prochaine école.

 

Avant le village, beaucoup de maisons sont en construction ; maintenant la base est en pierre ; elles sont isolées, ce qui restreint le risque d'incendie dans un village. Un groupe de travailleurs est en train de déjeuner ; ils nous proposent de partager leur repas, mais nous sommes attendus ; nous goûtons le porc rouge cuit au barbecue, coupé en lamelles ; c'est délicieux ! Les ganbei vont bon train et l'atmosphère est gaie.

Nous croisons plusieurs femmes qui vont aux champs avec leurs enfants puisque le samedi il n'y a pas école.
Yala, nous allons dans une 1ère famille où 2 cousines sont parrainées par Jean-Paul ; L'accueil est chaleureux. Nous mangeons dans la maison qui jouxte celle-ci. Nous nous mettons tous au travail. L'un tue le coq ; Mingrong le plume après l'avoir ébouillanté ; il le coupe en petits morceaux et Julie le fait cuire dans le wok, un peu plus qu'à l'accoutumée car elle sait que les étrangers préfèrent la volaille bien cuite. Effectivement, c'est le meilleur coq que j'aie mangé dans le Guangxi ! Nous épluchons les pousses de fougère ; Julie coupe le porc en fines lamelles et le fait cuire dans le wok avec les pousses de fougère. C'est excellent ! Attention ! Toutes les fougères ne sont pas comestibles ; il faut distinguer celles à 2 crosses et celles à 3 crosses non comestibles! Un autre plat est préparé avec ces crosses. Nous passons à table ; la famille et les enfants sont autour d'une table et les autres à côté. L'ambiance est gaie. A la fin du repas, les petites chantent Frère Jacques que leur a appris Fanfang ; François entonne un chant d'amour en patois de Franche Comté. Nous continuons notre route jusqu'à Xiangtang ; au Pavillon des Lusheng, les vieilles font la causette ; aux alentours les tombes sont déjà nettoyées pour la Fête des Morts. Sur les camélias, les fruits sont en formation ; il reste quelques fruits de l'an passé ; à l'intérieur une petite noix dont on extrait une huile bénéfique ; on en enduit par exemple les cheveux des fillettes, ce qui les rend brillants ; le résidu sert d'engrais que l'on épand dans les champs. Sur le chemin, nous croisons une femme que François et Anne-Marie avaient déjà photographiée en 2007; c'est yuan fen, diraient les Chinois ! Nous rejoignons la nouvelle route de Danian à Fulu et passons par la tombe de Fanfang que Xiao Wei et Da Wei ont déjà nettoyée.
Voilà une bonne journée de marche et de découverte des villages et des familles.



Dimanche 4 avril
Avec le mini-bus nous prenons la route de Gongdong jusquà Ping Mao. Là Mingrong nous emmène visiter un village fortifié de l'autre côté de la rivière. Ce sont les anciennes maisons d'une famille de propriétaires fonciers ; Leurs terres s'étendaient jusqu'au canton de Danian ! Dans chaque maison, des meurtrières pour se protéger des envahisseurs, ou des jacqueries des paysans. A la Libération, un des frères s'est enfui au Guizhou ; l'autre est resté et a rejoint le PCC. Il a même été reçu par Mao Zi-dong et Zhou En-lai, Chu De ; une descendante nous montre une vieille photo prise à Beijing, pendue au mur. L'ancienne cuisine est transformée en éco-musée ; sur les étagères, la personne a conservé tous les vieux ustensiles : un hachoir en bois avec une roulette en fer pour moudre le piment ou le gingembre ou autre épice, un récipient à sel car on le faisait venir de loin. Au-dessus de l'étagère, une collection de lampes à pétrole montrant toute l'évolution des formes.
Dans une autre maison, une grande galerie mène à l'Autel des Ancêtres où l'on voit des caractères sur papier rouge, des tasses à alcool; dans la galerie des affiches du dirigeant actuel Hu Jin-tao, passant en revue les troupes pour le 60ème anniversaire de la RPC. Sont suspendus tous les petits outils dont on se sert encore : les bottes pour transporter les petits outils, les pièges à poisson. Le chemin est en pierres qui ont été taillées du temps du propriétaire. Le mini-bus nous attend en haut du village.

 

En route pour Yaolong.

C'est la 1ère fois que Marine vient à Yaolong. Les filleules sont réparties dans 80 villages ; Marine ne peut passer dans tous ! Nous demandons à l'instituteur à voir la filleule de Colette. Elle n'est plus là. Elle est partie avec son Papa et sa Maman après les vacances du Nouvel An. La grand-mère continue à garder son frère aîné ; il a 13-14 ans et est en dernière année du primaire. Il est assez timide et mon chinois est limité pour m'entretenir avec lui. Nous nous dirigeons vers l'école. Elle a été construite par les villageois, ceux qui avaient des enfants scolarisés ; sur une stèle est indiquée la contribution de chacun. En ce moment il n'y a qu'un W.C. pour les 200 élèves ; on prévoit de construire des W.C., 6m de long par 4m de large, 3 pour les garçons et 3 pour les filles ; mais il faudrait bétonner le chemin en pente, emprunté par de nombreux enfants. Jean-Paul, notre vice-président, trouve que le devis est trop élevé.


Nous reprenons le mini-bus jusqu'à Jiaxu pour voir la filleule de François et Anne-Marie. Les parents et l'oncle ont construit une nouvelle maison en dur. Le Papa a travaillé 10 ans près de Canton. L'an dernier sa femme et lui sont revenus :
- Il fallait que je m'occupe de l'éducation de mes enfants. Ma fille va au collège ; moi, je n'ai fait que le primaire ; Il y a plein de choses que je ne sais plus ! L'an prochain on verra ce que je ferai!
La Maman a déjà trouvé du travail dans une briquetterie. Les grands-parents qui habitent en haut du village sont descendus pour manger avec nous, ainsi que les oncles. François et Anne-Marie sont très émus de voir leur filleule, une belle jeune fille aux cheveux noirs coupés au carré ; ils lui remettent de nombreux livres qu'ils ont achetés à HongKong, en chinois et en anglais, et un beau livre de photos sur la Franche Comté. Ils mangent avec elle sur la même table. Moi je suis entre les 2 tables, ce qui me permet de parler avec un jeune instituteur ; il a été recruté directement par l'école ; aussi est-il mal payé, 500 yuans par mois, contrairement à ceux qui sont diplômés et qui sont recrutés à l'extérieur et sont fonctionnaires.


Le repas est délicieux : coq, gras de cochon, riz, légumes divers. L'alcool de riz est servi dans de grands verres en plastique. A la fin du repas, on évoque la distance entre la Chine et la France; mais la jeune n'a pas de carte pour situer les 2 pays. Elle me dit ne pas être très bonne en anglais. Elle me montre son livre d'anglais, lit quelques leçons ; je lui corrige quelques erreurs dans ses exercices. Je trouve que son niveau est bon mais souvent les adolescentes ont tendance à manquer de confiance en elles. Elle nous fait visiter sa chambre, toute moderne aux murs recouverts de lambris, et s'excuse de ne pas l'avoir bien rangée. Ensuite dehors nous prenons des photos de groupe puis des photos de la famille avec les parrains. Quel bon moment nous avons passé avec cette famille si accueillante !


L'école de Peizu, la deshéritée
En direction de Peizu, avant le village, nous nous arrêtons sur un terre-plein, emplacement de la prochaine école. Le directeur, seul enseignant dans ce village, et d'autres personnes nous attendent. Ils avaient préparé le repas ; comme nous n'arrivions pas, ils ont outrepassé les doses d'alcool et sont tous bien éméchés ! Marine ne parvient pas à savoir qui a financé les travaux d'aplanissement du terrain. Le comptable sort quelques factures de sa poche mais est dans l'incapacité de vérifier. Marine reviendra dans quelque temps.
Un cadre est en retrait. Il me regarde, me sourit. A la fin des discussions, il s'approche et raconte à Marine qu'il m'a rencontrée l'an dernier à Gongdong xiang alors que je cherchais à rencontrer des filleules. Marine n'en revient pas :
- Tu es connue dans tous les cantons !

Ce cadre est là pour vérifier le système de protection contre les incendies qui vient d'être mis en place ; dans chaque village sont installées des conduites d'eau (qui détériorent le paysage !) et des bouches d'incendie.
En contre-bas, nous voyons l'école, avec son toit en tôle ondulée ; 2 classes de 21 et 28 élèves, c'est-à-dire 2 niveaux, sont de part et d'autre du bureau du directeur ; une petite table sur laquelle sont déposés des cahiers ; le reste de la pièce sert de dépôt ; 30 élèves sont sur une liste d'attente ; il n'y a pas de place pour les accepter ! A l'angle, une petite cuisine est bien agencée. Tous les bols émaillés sont bien rangés, attendant le retour des élèves dans 2 jours ; ils reviendront mercredi. Pour remplacer le jour de congé donné mardi, ils viendront en classe samedi. C'est une maman qui a ses enfants à l'école qui fait la cuisine.
Cette école est bien triste à voir et ce directeur fait tout son possible ; l'enseignant qui avait été affecté là n'a pas voulu rester ! Ca me rappelle le film « Pas un de moins »; dans ce village perdu, l'école ne ressemblait guère à une école, avec ses tables branlantes ; l'instituteur économisait le moindre bout de craie et essayait de garder la totalité de ses élèves pour que l'école ne soit pas supprimée ! Heureusement Peizu aura bientôt une nouvelle école ; la course organisée par CDC HongKong a rapporté cette année suffisamment d'argent pour couvrir les frais de construction. Il reste à espérer que de nouveaux instituteurs soient nommés et que tous les enfants de Peizu soient scolarisés!

 


Lundi 5 avril: qingming jie, la Fête des Morts
9h Nous nous rendons sur la tombe de Fanfang pour lui rendre hommage. Tout le bureau est présent : Marine, Jerry, Tom, Mingrong dit « Mignon », Julie , Da Wei et Xiao Wei ainsi que les 5 parrains et marraines actuellement à Danian. La veille Da Wei et Xiao Wei sont venus brûler les anciennes couronnes défraîchies que les enfants avaient confectionnées en papier pour l'anniversaire de la mort de Fanfang le 9 décembre, enlever les branchages secs tombés sur le sol. Le tumulus a été recouvert de ciment ; Marine pense que Fanfang n'aurait pas trop apprécié ce ciment et elle souhaite qu'il soit recouvert de terre pour que l'herbe puisse y pousser comme sur les sépultures Miao. Autour quelques arbres ont été plantés : 1 sapin, 1 pamplemoussier déjà en fleurs. Les membres du bureau ont apporté une belle gerbe de fleurs fraîches (des lys blancs) et les objets du rituel : de la monnaie en papier, de faux billets rouges (100), la monnaie du pauvre (simple papier jaune découpé), des bâtons d'encens : ne jamais en déposer 2 ou 4 ; 3 signifie la prospérité ; chez les Bouddhistes on dit que 3 représente le présent, le passé et l'avenir ; de gros bâtons d'encens que l'on plante devant la tombe et sur le pourtour.

 

Devant la tombe, on dépose 1 plat de riz et 1 plat de viande, des fruits et des tasses à bai jiu, l'alcool local. Tout le groupe en demi-cercle se recueille et se prosterne 3 fois puis chacun va répandre ou brûler ses billets et planter ses bâtons d'encens en disant quelques mots à Fanfang. Puis on mange le porc avec une bouchée de riz ; on boit un peu d'alcool de riz ; on mange des fruits, banane, pomme. Ensuite Mingrong étale le gros rouleau de pétards. Avec l'humidité il a des difficultés à l'enflammer. Tout éclate avec des bruits assourdissants. Les mauvais esprits sont chassés.
Nous quittons les lieux avec émotion. Cette Fête des Morts s'est déroulée dans une grande simplicité ; tous réunis ici, nous nous sentons solidaires de Couleurs de Chine et nous sommes fiers de dire à Fanfang que cette oeuvre qui lui tenait tant à coeur, nous sommes prêts à la continuer et la développer.

 


Visite imprévue à Gaoma
L'après-midi nous partons en mini-bus pour Gaoma. L'école construite par CDC est sur la hauteur et est visible de tous les côtés ; bien que ce soit congé, le directeur est présent. Il nous parle des différences de salaires entres les instituteurs, en fonction de leur diplôme et de leur ancienneté.
A côté de l'école, sur les hauteurs, des mandariniers et des pamplemoussiers entourent les tombes. Une famille est en train de cimenter le tumulus pour éviter que l'herbe ne pousse. Les femmes vont en contrebas chercher l'eau et les hommes cimentent.


En bas du village, nous allons vers un autre groupe de tombes. Le shaman vient d'égorger un poulet ; on brûle de l'encens et on allume des pétards. Au bord de la route, le coin « repas » a été installé: on étend des fougères et par-dessus des nappes en plastique ; chacun s'assoit autour : le patriarche, 80 ans, ses 2 fils, les oncles, les enfants ; les jeunes femmes sont restées au village pour préparer le repas du soir. Nous sommes invités à partager leur repas, même si nous avons déjà mangé : du porc (la grand-mère le mange cru), des brochettes de poisson, des brochettes de petits oiseaux, cuits au barbecue, du porc cuit avec des légumes et du riz glutineux, blanc ou jaune. L'alcool est bu modérément ; quelques ganbei qu'on ne peut refuser, par exemple quand le shaman nous demande de trinquer avec lui. Un des fils est électricien à Danian ; Marine le connaît bien puisque c'est lui qui est chargé de tous les travaux d'électricité dans les 2 appartements de Pays Miao. Liliane offre aux enfants des ballons à gonfler. J'engage une partie de ballons ; c'est pour eux un nouveau jeu.
Cette visite à Gaoma n'était pas prévue ; grâce à Marine qui nous a accompagnés pendant toute cette journée, ce fut pour nous un agréable moment de détente et de découverte.

 


Mardi 6 avril
C'est Mingrong qui me sert de chauffeur et de guide. Le départ est prévu à 9h30 ; nous devons sortir la moto, faire le plein de carburant ; à 10h nous empruntons cette belle route qui vient d'être construite ; à certains endroits le rouleau compresseur continue à aplanir cailloux et terre; ailleurs des ouvriers enfoncent d'énormes piquets en ciment pour bien délimiter la route ; certains sont déjà peints, une partie en rouge, pour les rendre plus visibles. Par temps ensoleillé, le paysage doit être splendide. Mingrong s'arrête gentiment pour me permettre de prendre quelques photos. On surplome la rivière et les champs en terrasses.

 


Nous arrivons à Dashun. Dai Zuo-chang habite dans le hameau ; la route descend à pic. Là les maisons sont petites, entassées les unes sur les autres ; ça paraît vraiment pauvre. La grand-mère et la petite sont allées garder les vaches. Je laisse à l'instituteur le petit paquet du parrain avec 1 billet qu'il remettra à la fillette ; je n'ai jamais su si elle l'avait reçue ; ce n'est pas l'habitude ici d'accuser réception pour un colis. On nous indique un raccourci qui nous amène directement à la moto ; nous nous dirigeons sur Longshen qui est proche ; nous traversons le village, laissons la moto car le hameau est sur une crête et pour y accéder c'est un chemin muletier qui grimpe raide ; nous sommes reçus par les parents de Chen Zhen-ni qui a 13 ans ; elle connaît bien le chinois ; je lui remets 1 cahier et 1 stylo ; immédiatement elle se met à écrire ; sa cousine, filleule de Stéphanie, est là ; je lui remets les cadeaux de sa marraine : un sac, un bonnet et des gants de laine tricotées par la Maman de Stéphanie, un cahier sur lequel ont été collées des cartes de différents lieux de France, avec des annotations que j'ai fait traduire par ma vieille collègue ; ce qui surprend le plus la famille, ce sont les cartes avec des Bretons ou des Niçois en costumes traditionnels ; j'explique que pour les fêtes, nos ethnies portent encore ces jolis costumes et coiffes ; la petite est contente ; elle a le sourire ! Quand nous arrivons, le repas est prêt ; le père coupe le poulet qui a été cuit à l'eau ; avec le bouillon, la mère a préparé une soupe de riz. Nous mangeons tous ensemble. A une table, le grand-père, la grand-mère, le père, les 2 cousines, Mingrong et moi ; à l'autre table la mère et les enfants. Elle a eu 4 filles et enfin, le dernier né, un garçon de 3 ans. Il porte encore un petit bonnet typique avec des fanfreluches pour le protéger des mauvais esprits. La grand-mère a le même âge que moi :
Regarde la différence entre toi et moi ! Nous, nous sommes tous les jours dans les champs, au soleil, au froid. Tu parais bien plus jeune !


Tous mangent avec bon appétit. Le père a donné à son fils le pilon qu'il mange tranquillement. Après le repas, nous prenons des photos et les 2 cousines nous raccompagnent ; elles connaissent les raccourcis ; la filleule de Stéphanie a mal à la jambe et boite. Elle dépose son sac chez elle ; sa grand-mère n'est pas là. Nous allons ensemble jusqu'à l'école, à l'entrée du village; elle est fermée puisque c'est congé. Les vieux papotent le long de la route. L'un est en train de confectionner un panier en vannerie. A plusieurs endroits, à l'extérieur de la maison, de jeunes garçons actionnent une machine en bois pour décortiquer le riz ; ici on le décortique au fur et à mesure des besoins ; ailleurs on le stocke dans de grandes cuves en métal pour le protéger des rongeurs. Quand nous arrivons près de la moto, les parents de Zhen-ni sont descendus de leur hameau pour nous saluer. Quelle belle famille !


Le vent souffle fort et sur la moto il fait vraiment froid. Je mets la cape de pluie comme coupe-vent. Comme la route descend jusqu'à Danian, le retour est plus rapide que l'aller ; 1 heure 30 suffiront.
Le soir à Danian, j'accompagne Jean-Paul et Liliane voir leur filleule qui va à l'école de Danian. Sa maison est à côté du collège, une grande maison mais il n'y a pas l'eau et il faut la chercher en contre-bas. Le riz que les parents récoltent ne suffit pas pour nourrir la famille ; ils doivent acheter le supplément. C'est la 1ère fois que Jean-Paul rend visite à sa filleule ; il est ému par l'accueil. Il a une lourde tâche : trouver des sponsors, contrôler les devis..., ce qui lui laisse peu de temps quand il vient pour visiter ses filleules. La grand-mère, très vive, les parents, tous essayent de motiver leur fille pour qu'elle travaille bien. Adorable, elle nous accompagne jusqu'à mi-pente et ne rentre que lorsque nous sommes hors de son champ de vision.

 


 


Mercredi 7 avril
Jean-Paul et Liliane quittent Danian pour Guilin et le Shandong. Je pars avec Marine et Tom à Liangzhai ; On loue un taxi à 2 bancs ; le vent s'engouffre sous la toile ; il fait froid! Tom téléphone à l'école de Jiatong ; la filleule de Sylviane n'est plus là ; elle est partie avec ses parents après les fêtes du Nouvel An.
A l'école de Liangzhai, qui jouxte le collège, je rencontre Wei Xiao, une petite bien vive, qui s'exprime bien en chinois. Quand elle reçoit ses photos, elle téléphone à son Papa tellement elle est contente. Quelle n'est pas ma surprise de recevoir une lettre du Papa qui travaille dans une usine de sous-vêtements à Canton !

 


Au collège, je revois Jia Mei-zhen ; je l'avais avertie de ma visite. Je suis inquiète quand je la vois pleurer ; j'avais peur qu'il ne soit arrivé un malheur dans sa famille. Dans sa lettre, elle me dira qu'elle a pleuré de joie et d'émotion ! Je lui rappelle que son parrain et sa marraine sont prêts à payer son lycée professionnel. Nous regardons ensemble les photos des parrains et ce que je lui ai apporté. Puis elle regagne sa classe ; elle a un jeune professeur de 25 ans. Au retour à Danian je laisse à Marine 300 yuans pour que Mei-zhen puisse s'inscrire aux examens professionnels qui sont payants. Moi aussi, je suis émue de la revoir. Même si je ne suis pas sa marraine, nous correspondons régulièrement car elle a besoin, comme beaucoup d'adolescentes d'être soutenue Je vois aussi la filleule de Philippe, une gentille jeune fille, calme et modérée.
A midi nous déjeunons avec les directeurs et des enseignants de l'école primaire et du collège : une fondue chinoise au poulet et un bol de riz. J'apprécie le bouillon chaud car je suis très enrhumée, fiévreuse. Nous reprenons de « taxi ». Tom reste à Liangzhai pour distribuer aux filleules les dons qu'elles ont reçus de leurs parrains La secrétaire rassemble les dons et Marine les fait parvenir aux enfants ; cette fois la somme atteint 5000 yuans.


Quand j'arrive à Danian, je vais à la poste expédier les vanneries destinées aux expositions ; j'ai aussi cher d'envoi (200 yuans) que la valeur du contenu (211 yuans); puis nous allons à l'école primaire; les élèves de Gaolia viennent à Danian faire leur dernière année de primaire. Je remets le paquet de Christiane à sa filleule, qui est plus intimidée que l'an dernier à l'école de Gaolia. A la fin des cours, tous les enfants balayent l'école et la cour. Puis nous nous dirigeons vers le collège, au 2d étage. On appelle la filleule de Yan, une fille bien décidée qui ira loin ; elle me dit que pour le passage au lycée, il n'y aura pas de problème.

 

 


Vendredi 9 avril : retour
Je décide de prendre le car de 6h ; je pensais m'arrêter à Baiyun xiang pour voir les 3 petites filles que j'avais manquées au début du séjour. Mais dans la nuit des trombes d'eau se sont abattues sur Danian ; dans l'appartement tout a dijoncté; je laisse à Marine mes paquets pour cette école de Pu y'E. Le bus arrive à 6h15, attend les passagers, klaxonne, démarre à 6h30. Les premiers vendeurs installent leur étal sous la pluie ; celle-ci s'arrête peu après. Un rayon de soleil que nous n'avons pas vu de tout le séjour apparaît mais la route est bien détrempée. Les voyages en car, c'est parfois pittoresque ; à Hongshui, le car qui a son terminus ici est garé au beau milieu de la chaussée. Notre chauffeur descend, regarde dans le car, klaxonne. On attend un bon moment que le chauffeur arrive et nous suivons ce car. Ce qui est étrange : ils ont le même circuit à la même heure ! Nous le doublons quand il s'arrête pour prendre des passagers.

 


2d arrêt à Dalang. Un embouteillage invraisemblable ! Les voitures-taxi sont alignées des 2 côtés. La circulation ne peut se faire que sur une seule voie. Evidemment, la Sécurité n'intervient pas ; les policiers regardent, sans plus ! Puis vers 10h, juste avant le barrage, le car s'arrête :
Tout le monde descend manger!
Une cantine sommaire a été installée dans un hangar, avec un système de plateau: riz, plat de viande, plat de légumes ; les employées servent au choix les légumes dans de grands bacs. Je suis effarée par la quantité de nourriture sur les plateaux ! Heureusement sur la route passe une vendeuse sur son vélo. Elle aussi s'arrête en plein milieu ; un car a juste assez de place pour la doubler ! Elle vend des mantou ; j'en prends 3 ; ça fait mon petit déjeuner et mon déjeuner !


Nous arrivons au croisement de Bangjiang vers 11h. Comme je ne vois pas de car arriver, je rejoins un groupe qui prend un taxi collectif. C'est pratique, plus rapide et pas plus cher que le car. Il s'arrête chaque fois qu'il voit une personne à l'arrêt. Ainsi il gagne sa vie, est satisfait et discute avec tous ceux qui montent. J'arrive à la gare routière de Sanjiang ; une employée s'enquiert sur ma destination et me conduit vers un bus qui va à Longsheng ; C'est plus rapide, me dit-elle.


Effectivement dès que j'arrive à Longsheng, on nous dirige vers un car qui part immédiatement pour Guilin. Il est 16h quand j'arrive à la gare routière. Je m'arrête au 1er magasin de lunettes pour acheter une nouvelle monture, 280 yuans; au moins je ressors en voyant clair ! Je file à la gare. Il y a encore 1 place pour le train du soir en couchette dure et en haut (400 yuans pour Beijing). Je préfère ça plutôt que passer 1 nuit à Guilin. Je vais dans une gargotte toute proche manger 1 bol de nouilles à 3 yuans ; ce sera mon repas du soir. Pour les fruits, il y a le choix : des petites bananes, des mandarines pour le long trajet. J'essaye de trouver des boules brodées ; l'an dernier elles étaient à 10 yuans l'une. Maintenant j'en vois à 3 yuans, mal finies, un peu de peinture et un galon mal monté qui se décolle ! J'en aperçois finalement dans la salle d'attente de la gare mais à 15 yuans l'une.

18h30 Nous descendons jusqu'au quai. La voiture 1 est la dernière. Chaque voiture « à couchettes dures » comprend 11 cabines de 6 couchettes, 1 en bas, 1 au milieu et 1 en haut, avec des prix différents puisque celle du haut est moins confortable : on ne peut pas rester assis. Les cabines donnent sur le couloir, sans fermeture ; néanmoins même avec 66 personnes dans la voiture, le calme a régné tout au long du voyage.
Comme je suis dans une couchette du haut, à 9h je descends dans le couloir où il y a des sièges pliables pour me préparer du thé et manger 1 mantou et des fruits. Je suis étonnée que sur mes 5 compagnons de cabine, seuls 2 ont 1 revue ; les autres ont dormi les 27 heures du trajet !
Propreté des trains : Quelle amélioration !


Il y a dix ans, après une nuit dans un train, c'étaient 10 cm de détritus qui s'accumulaient dans les couloirs, entre les sièges. L'employée balayait le tout avec un gros balai. Aujourd'hui, plus de détritus, plus de papier par terre. Quand on arrive dans le train, une annonce est retransmise à la TV (1 dans chaque cabine, soit pour 6 passagers) rappelant la bonne tenue à respecter : ne pas fumer (le seul endroit possible est entre 2 wagons), ne rien jeter par terre, utiliser les plateaux posés sur la tablette ou les poubelles. Les employées passent régulièrement les vider et avant l'arrivée dans une gare, elles nettoient le couloir.

 



Samedi 10 avril
Le soleil a dispar u; à 3 heures de train de Beijing, c'est déjà la pollution ! Beaucoup de gros marchés couverts, beaucoup de grosses voitures sillonnent les autoroutes. Les arbres ont mis leurs premières feuilles.

 

* * * *
Mission accomplie: je peux rentrer en France avec plein de belles images en tête mais aussi sur 1 DVD et 2 albums que je peux montrer aux amis et aux visiteurs lors des expositions: des sourires des filleules, parfois des larmes et même des bisous qui montrent combien elles sont heureuses de nous voir et nous de les rencontrer dans leur lieu de vie.
Objectif atteint: j'ai pu parler aux filleules de leurs parrains, leur remettre leurs présents ou des cartes postales, des photos. En retour, j'ai envoyé des photos à chaque parrain par internet ou par courrier, avec un compte-rendu de ma visite à sa filleule, ce qui lui permet de mieux la connaître (voir en annexe quelques lettres).


Certes je n'ai pas pu rencontrer les 34 petites filles dont j'avais la fiche. 3 d'entre elles à Bangyang (canton de Baiyun), à Yaolong (canton de Gongdong) et à Jiatong (canton de Liangzhai) sont parties après la fëte du Printemps avec leurs parents. C'est un drame quand le père part seul avec sa fille, laissant au village la Maman et la dernière née ! Les migrants, min gong, ressentent un malaise à laisser leurs enfants au village chez les grands-parents; certains font le choix de les emmener avec eux, ce qui les oblige à payer la scolarité dans une école réservée aux enfants de migrants; d'autres reviennent au village, mais dans ce cas, ils doivent trouver un travail au village car leur terre est maintenant cultivée par d'autres ! Un papa nous a dit :
Je n'ai pas vu grandir ma fille. Elle est au collège ; alors cette année je reste au village !
J'aurais appris que, malgré l'éloignement et les conditions de vie difficiles, des liens profonds et réguliers se maintiennent entres les migrants et ceux restés au village. Quand la petite Wei Xiao de Langzhai a reçu mes photos, elle a immédiatement téléphoné à son Papa, ouvrier prés de Canton, pour lui faire partager sa joie.
Certains villages, en raison du mauvais état des routes (un pont effondré entre Liangzhai et Anquan) ne pouvaient être atteints. J'ai laissé les présents en demandant de les trasmettre.

Ce fut pour moi une grande joie de rencontrer ces 25 petites filles et adolescentes. Quand on les voit à l'école ou au collège, on ne peut que passer un temps restreint avec elles, échanger quelques mots, remettre les petits cadeaux, prendre quelques photos. Quand c'est le week-end ou quand nous arrivons en dehors des heures scolaires, c'est une chance de pouvoir nous rendre dans la famille. Les petites sont moins intimidées; nous les voyons dans leur cadre de vie habituel et avons une idée de l'environnement familial. Elles ont un grand sourire quand elles montrent à leur Maman ce qu'elles ont reçu. Il nous arrive de mettre la main à la pâte pour aider à préparer le repas: plumer un poulet, éplucher les tiges de fougères comestibles, laver les feuilles de chou, faire la vaisselle. Et des liens solides sont ainsi noués.
Dans chaque paquet remis aux filleules ou lettres envoyées, je joins une enveloppe timbrée à l'adresse de mon mari à Beijing, ce qui leur permet d'écrire à leurs parrains sans frais supplémentaires ; pour elles, 1 timbre c'est cher (1,20 yuans pour Beijing, 6 yuans pour la France). Malgré l'enveloppe pour la réponse, toutes les petites filles ne vont pas forcément écrire; écrire en chinois leur demande des efforts et dans leur culture l'écrit n'est pas habituel. Mais quel plaisir quand une lettre arrive ! Une petite de Xiangtang m'écrivait :
Quand tu viendras, je jouerai avec toi !
Vivement octobre pour que je joue avec elle !
Tous les parrains ne peuvent pas se rendre au Guangxi voir leurs filleules. C'est pourquoi servir de relais peut favoriser les liens entre parrains et filleules et permettre une meilleure connaissance des uns et des autres.

Josette Zoulim

 

 


Annexe :

 

Coût du séjour 2010 DANS LE GUANGXI ET FRAIS ANNEXES (en Yuans)

23-26 mars

Intitulé
coût Intitulé Coût
train Beijing-Guilin 658.00 1 pot en vannerie     20.00
cadeaux : bus pour Longpei     12.00
cahiers : 2x3,90 7.80 jeudi 2
9 borsses à dents : 3x3,10 9.30 bus retour     12.00
15 cahiers à 0,80 12.00 3 mantou       1.50
7 cahiers pour caractères 35.00 bus Gongdong Danian       5.00
photocopie brochure CdC 8.00 chambre à Danian     60.00
20 enveloppes timbrées à 1,20 24.00 vendredi au vendredi
4 paires de chaussettes 10.00 broderie à Muye   560.00
1 cahier-livre 3.80 broderie à Danian   290.00
2 livres à 8 16.00 fen bao     50.00
taxi université-gare 28.00 2 bottes 10x2     20.00
28 mars 6 nuitées à Pays Miao à 400 2400.00
2 baozi 2.00 envoi poste   199.50
bus Guilin Sanjiang 47.00 don à Jia Mei Zhen     40.00
Sanjiang Banjiang 20.00 frais pour ses examens   300.00
Bangjiang Baiyun 15.00 car Danian Baojiang     17.00
29 mars taxi collectif     17.00
remis à 2 filleules à Baoyang 20.00 car sanjiang Longshen     12.00
1 bol de pâtes 3.00 car Longshen Guilin     12.00
1 bol de pâtes 3.00 4 mantou       4.00
moto Gaolan Baojiang 120.00 3 baozi       1.50
2 bols de pâtes 6.00 bananes + mandarines       6.00
bus 5.00 4 boules à 15     60.00
1 chambre à Baiyun 40.00 photos   550.00
1 chambre à Hong Shui 30.00 1 album photo + autocollants   124.00
mardi 30 1 livre photos   280.00
2 mantou 1.00 500 cartes photos   500.00
argent pour Longpei 20.00 400 pin's cdc 1024.00
10.00 1 DVD photos     12.00
bus 5.00 train Guilin Beijing   400.00
mercredi 1
2 chambres à Gongdong 100.00
1 botte 15.00 TOTAL 8296.90

  Ceci peut donner une idée des coûts. Une grosse partie est constituée de frais, c'est un choix personnel dans le but d'améliorer chaque année les expositions sur Couleurs de Chine

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