Le soleil a dispar u; à 3 heures de train de Beijing, c'est déjà la pollution ! Beaucoup de gros marchés couverts, beaucoup de grosses voitures sillonnent les autoroutes. Les arbres ont mis leurs premières feuilles.
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Mission accomplie: je peux rentrer en France avec plein de belles images en tête mais aussi sur 1 DVD et 2 albums que je peux montrer aux amis et aux visiteurs lors des expositions: des sourires des filleules, parfois des larmes et même des bisous qui montrent combien elles sont heureuses de nous voir et nous de les rencontrer dans leur lieu de vie.
Objectif atteint: j'ai pu parler aux filleules de leurs parrains, leur remettre leurs présents ou des cartes postales, des photos. En retour, j'ai envoyé des photos à chaque parrain par internet ou par courrier, avec un compte-rendu de ma visite à sa filleule, ce qui lui permet de mieux la connaître (voir en annexe quelques lettres).
Certes je n'ai pas pu rencontrer les 34 petites filles dont j'avais la fiche. 3 d'entre elles à Bangyang (canton de Baiyun), à Yaolong (canton de Gongdong) et à Jiatong (canton de Liangzhai) sont parties après la fëte du Printemps avec leurs parents. C'est un drame quand le père part seul avec sa fille, laissant au village la Maman et la dernière née ! Les migrants, min gong, ressentent un malaise à laisser leurs enfants au village chez les grands-parents; certains font le choix de les emmener avec eux, ce qui les oblige à payer la scolarité dans une école réservée aux enfants de migrants; d'autres reviennent au village, mais dans ce cas, ils doivent trouver un travail au village car leur terre est maintenant cultivée par d'autres ! Un papa nous a dit :
Je n'ai pas vu grandir ma fille. Elle est au collège ; alors cette année je reste au village !
J'aurais appris que, malgré l'éloignement et les conditions de vie difficiles, des liens profonds et réguliers se maintiennent entres les migrants et ceux restés au village. Quand la petite Wei Xiao de Langzhai a reçu mes photos, elle a immédiatement téléphoné à son Papa, ouvrier prés de Canton, pour lui faire partager sa joie.
Certains villages, en raison du mauvais état des routes (un pont effondré entre Liangzhai et Anquan) ne pouvaient être atteints. J'ai laissé les présents en demandant de les trasmettre.
Ce fut pour moi une grande joie de rencontrer ces 25 petites filles et adolescentes. Quand on les voit à l'école ou au collège, on ne peut que passer un temps restreint avec elles, échanger quelques mots, remettre les petits cadeaux, prendre quelques photos. Quand c'est le week-end ou quand nous arrivons en dehors des heures scolaires, c'est une chance de pouvoir nous rendre dans la famille. Les petites sont moins intimidées; nous les voyons dans leur cadre de vie habituel et avons une idée de l'environnement familial. Elles ont un grand sourire quand elles montrent à leur Maman ce qu'elles ont reçu. Il nous arrive de mettre la main à la pâte pour aider à préparer le repas: plumer un poulet, éplucher les tiges de fougères comestibles, laver les feuilles de chou, faire la vaisselle. Et des liens solides sont ainsi noués.
Dans chaque paquet remis aux filleules ou lettres envoyées, je joins une enveloppe timbrée à l'adresse de mon mari à Beijing, ce qui leur permet d'écrire à leurs parrains sans frais supplémentaires ; pour elles, 1 timbre c'est cher (1,20 yuans pour Beijing, 6 yuans pour la France). Malgré l'enveloppe pour la réponse, toutes les petites filles ne vont pas forcément écrire; écrire en chinois leur demande des efforts et dans leur culture l'écrit n'est pas habituel. Mais quel plaisir quand une lettre arrive ! Une petite de Xiangtang m'écrivait :
Quand tu viendras, je jouerai avec toi !
Vivement octobre pour que je joue avec elle !
Tous les parrains ne peuvent pas se rendre au Guangxi voir leurs filleules. C'est pourquoi servir de relais peut favoriser les liens entre parrains et filleules et permettre une meilleure connaissance des uns et des autres.
Josette Zoulim














