C'est Mingrong qui me sert de chauffeur et de guide. Le départ est prévu à 9h30 ; nous devons sortir la moto, faire le plein de carburant ; à 10h nous empruntons cette belle route qui vient d'être construite ; à certains endroits le rouleau compresseur continue à aplanir cailloux et terre; ailleurs des ouvriers enfoncent d'énormes piquets en ciment pour bien délimiter la route ; certains sont déjà peints, une partie en rouge, pour les rendre plus visibles. Par temps ensoleillé, le paysage doit être splendide. Mingrong s'arrête gentiment pour me permettre de prendre quelques photos. On surplome la rivière et les champs en terrasses.
Nous arrivons à Dashun. Dai Zuo-chang habite dans le hameau ; la route descend à pic. Là les maisons sont petites, entassées les unes sur les autres ; ça paraît vraiment pauvre. La grand-mère et la petite sont allées garder les vaches. Je laisse à l'instituteur le petit paquet du parrain avec 1 billet qu'il remettra à la fillette ; je n'ai jamais su si elle l'avait reçue ; ce n'est pas l'habitude ici d'accuser réception pour un colis. On nous indique un raccourci qui nous amène directement à la moto ; nous nous dirigeons sur Longshen qui est proche ; nous traversons le village, laissons la moto car le hameau est sur une crête et pour y accéder c'est un chemin muletier qui grimpe raide ; nous sommes reçus par les parents de Chen Zhen-ni qui a 13 ans ; elle connaît bien le chinois ; je lui remets 1 cahier et 1 stylo ; immédiatement elle se met à écrire ; sa cousine, filleule de Stéphanie, est là ; je lui remets les cadeaux de sa marraine : un sac, un bonnet et des gants de laine tricotées par la Maman de Stéphanie, un cahier sur lequel ont été collées des cartes de différents lieux de France, avec des annotations que j'ai fait traduire par ma vieille collègue ; ce qui surprend le plus la famille, ce sont les cartes avec des Bretons ou des Niçois en costumes traditionnels ; j'explique que pour les fêtes, nos ethnies portent encore ces jolis costumes et coiffes ; la petite est contente ; elle a le sourire ! Quand nous arrivons, le repas est prêt ; le père coupe le poulet qui a été cuit à l'eau ; avec le bouillon, la mère a préparé une soupe de riz. Nous mangeons tous ensemble. A une table, le grand-père, la grand-mère, le père, les 2 cousines, Mingrong et moi ; à l'autre table la mère et les enfants. Elle a eu 4 filles et enfin, le dernier né, un garçon de 3 ans. Il porte encore un petit bonnet typique avec des fanfreluches pour le protéger des mauvais esprits. La grand-mère a le même âge que moi :
Regarde la différence entre toi et moi ! Nous, nous sommes tous les jours dans les champs, au soleil, au froid. Tu parais bien plus jeune !
Tous mangent avec bon appétit. Le père a donné à son fils le pilon qu'il mange tranquillement. Après le repas, nous prenons des photos et les 2 cousines nous raccompagnent ; elles connaissent les raccourcis ; la filleule de Stéphanie a mal à la jambe et boite. Elle dépose son sac chez elle ; sa grand-mère n'est pas là. Nous allons ensemble jusqu'à l'école, à l'entrée du village; elle est fermée puisque c'est congé. Les vieux papotent le long de la route. L'un est en train de confectionner un panier en vannerie. A plusieurs endroits, à l'extérieur de la maison, de jeunes garçons actionnent une machine en bois pour décortiquer le riz ; ici on le décortique au fur et à mesure des besoins ; ailleurs on le stocke dans de grandes cuves en métal pour le protéger des rongeurs. Quand nous arrivons près de la moto, les parents de Zhen-ni sont descendus de leur hameau pour nous saluer. Quelle belle famille !
Le vent souffle fort et sur la moto il fait vraiment froid. Je mets la cape de pluie comme coupe-vent. Comme la route descend jusqu'à Danian, le retour est plus rapide que l'aller ; 1 heure 30 suffiront.
Le soir à Danian, j'accompagne Jean-Paul et Liliane voir leur filleule qui va à l'école de Danian. Sa maison est à côté du collège, une grande maison mais il n'y a pas l'eau et il faut la chercher en contre-bas. Le riz que les parents récoltent ne suffit pas pour nourrir la famille ; ils doivent acheter le supplément. C'est la 1ère fois que Jean-Paul rend visite à sa filleule ; il est ému par l'accueil. Il a une lourde tâche : trouver des sponsors, contrôler les devis..., ce qui lui laisse peu de temps quand il vient pour visiter ses filleules. La grand-mère, très vive, les parents, tous essayent de motiver leur fille pour qu'elle travaille bien. Adorable, elle nous accompagne jusqu'à mi-pente et ne rentre que lorsque nous sommes hors de son champ de vision.
















