9h Nous nous rendons sur la tombe de Fanfang pour lui rendre hommage. Tout le bureau est présent : Marine, Jerry, Tom, Mingrong dit « Mignon », Julie , Da Wei et Xiao Wei ainsi que les 5 parrains et marraines actuellement à Danian. La veille Da Wei et Xiao Wei sont venus brûler les anciennes couronnes défraîchies que les enfants avaient confectionnées en papier pour l'anniversaire de la mort de Fanfang le 9 décembre, enlever les branchages secs tombés sur le sol. Le tumulus a été recouvert de ciment ; Marine pense que Fanfang n'aurait pas trop apprécié ce ciment et elle souhaite qu'il soit recouvert de terre pour que l'herbe puisse y pousser comme sur les sépultures Miao. Autour quelques arbres ont été plantés : 1 sapin, 1 pamplemoussier déjà en fleurs. Les membres du bureau ont apporté une belle gerbe de fleurs fraîches (des lys blancs) et les objets du rituel : de la monnaie en papier, de faux billets rouges (100), la monnaie du pauvre (simple papier jaune découpé), des bâtons d'encens : ne jamais en déposer 2 ou 4 ; 3 signifie la prospérité ; chez les Bouddhistes on dit que 3 représente le présent, le passé et l'avenir ; de gros bâtons d'encens que l'on plante devant la tombe et sur le pourtour.
Devant la tombe, on dépose 1 plat de riz et 1 plat de viande, des fruits et des tasses à bai jiu, l'alcool local. Tout le groupe en demi-cercle se recueille et se prosterne 3 fois puis chacun va répandre ou brûler ses billets et planter ses bâtons d'encens en disant quelques mots à Fanfang. Puis on mange le porc avec une bouchée de riz ; on boit un peu d'alcool de riz ; on mange des fruits, banane, pomme. Ensuite Mingrong étale le gros rouleau de pétards. Avec l'humidité il a des difficultés à l'enflammer. Tout éclate avec des bruits assourdissants. Les mauvais esprits sont chassés.
Nous quittons les lieux avec émotion. Cette Fête des Morts s'est déroulée dans une grande simplicité ; tous réunis ici, nous nous sentons solidaires de Couleurs de Chine et nous sommes fiers de dire à Fanfang que cette oeuvre qui lui tenait tant à coeur, nous sommes prêts à la continuer et la développer.
Visite imprévue à Gaoma
L'après-midi nous partons en mini-bus pour Gaoma. L'école construite par CDC est sur la hauteur et est visible de tous les côtés ; bien que ce soit congé, le directeur est présent. Il nous parle des différences de salaires entres les instituteurs, en fonction de leur diplôme et de leur ancienneté.
A côté de l'école, sur les hauteurs, des mandariniers et des pamplemoussiers entourent les tombes. Une famille est en train de cimenter le tumulus pour éviter que l'herbe ne pousse. Les femmes vont en contrebas chercher l'eau et les hommes cimentent.
En bas du village, nous allons vers un autre groupe de tombes. Le shaman vient d'égorger un poulet ; on brûle de l'encens et on allume des pétards. Au bord de la route, le coin « repas » a été installé: on étend des fougères et par-dessus des nappes en plastique ; chacun s'assoit autour : le patriarche, 80 ans, ses 2 fils, les oncles, les enfants ; les jeunes femmes sont restées au village pour préparer le repas du soir. Nous sommes invités à partager leur repas, même si nous avons déjà mangé : du porc (la grand-mère le mange cru), des brochettes de poisson, des brochettes de petits oiseaux, cuits au barbecue, du porc cuit avec des légumes et du riz glutineux, blanc ou jaune. L'alcool est bu modérément ; quelques ganbei qu'on ne peut refuser, par exemple quand le shaman nous demande de trinquer avec lui. Un des fils est électricien à Danian ; Marine le connaît bien puisque c'est lui qui est chargé de tous les travaux d'électricité dans les 2 appartements de Pays Miao. Liliane offre aux enfants des ballons à gonfler. J'engage une partie de ballons ; c'est pour eux un nouveau jeu.
Cette visite à Gaoma n'était pas prévue ; grâce à Marine qui nous a accompagnés pendant toute cette journée, ce fut pour nous un agréable moment de détente et de découverte.
















