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Education en Chine

Le système éducatif chinois

Le système éducatif en Chine est à la fois décentralisé sur le plan de la gestion du corps enseignant et des bâtiments scolaires, centralisé pour les contenus de l’enseignement. C’est le ministère de l’Education qui fixe les contenus des programmes scolaires pour toutes les provinces de Chine. Le déroulement des études, la construction des écoles, les salaires des professeurs sont l’affaire des responsables de l’éducation des gouvernements locaux (au niveau du canton pour les régions rurales). Le système des bourses scolaires a été supprimé au cours des années 1990 (excepté quelques rares cas). En vingt ans, le coût de la scolarité a augmenté d’au moins 50%, mais les investissements de l’Etat n’ont pas augmenté d’autant. Le nombre d’enseignants a également beaucoup augmenté. Un fonds gouvernemental d’aide à la construction d’école et à la scolarisation des élèves méritants, la Fondation espoir (xiwang gongcheng) finance quelques projets et la scolarité d’élèves dans tout le pays, mais l’attribution de ces fonds collectés dans la population chinoise (individus, industries) et auprès des gouvernements et instances internationales, a fait l’objet de nombreuses critiques pour son inéquité et les nombreuses irrégularités, cas de détournements de fonds, corruption, etc.

Les neuf années d’école obligatoire

L’ancien « système de 5 années » (wunianzhi), comprenant seulement 5 années en primaire, a été abandonné au milieu des années 1980 pour être remplacé par celui de « neuf ans de scolarisation obligatoire » (jiunian yiwu jiaoyu), soit 6 années de primaire et 3 années de secondaire. Sur les murs des bourgades rurales, en gros caractères, s’affiche les slogans : « Même si on est pauvre, les enfants doivent pouvoir étudier à l’école, même si la vie est dure, les enfants ne doivent pas en pâtir » et « Ne pas envoyer les enfants à l’école est illégal ». Ces beaux slogans officiels cachent une réalité : le coût exorbitant de l’école pour beaucoup de Chinois, et en particulier dans les régions les plus pauvres du pays.

1) La scolarité à l’école primaire (xiaoxue) est officiellement gratuite. Cependant les « frais de livres et autres frais divers » shuzafei, sont à la charge des élèves. Ces frais représentent pour les populations rurales une charge souvent trop lourde qui engendre de nombreux retraits d’enfants de l’école. Pour chaque matière, un livre est attribué à l’élève chaque semestre, sur lequel il fait ses exercices. L’enseignement principal est constitué par les matières « fortes » : (1) la langue chinoise officielle, dite « langue commune » (putonghua) appelée aussi « chinois mandarin », l’écriture, la lecture des caractères chinois (hanzi) sous leur forme simplifiée1 ; (2) l’enseignement des mathématiques : calcul, géométrie ; (3) l’enseignement moral (sixiang pinde), dont le contenu va de la morale, politesse, l’hygiène, le comportement en société, le respect des aînés (professeurs, parents, vieillards), la solidarité avec les autres élèves, l’amour du travail manuel, l’esprit de groupe, les héros nationaux (patriotisme)…

Les matières secondaires : chant, dessin, sciences naturelles, gymnastique, viennent s’insérer entre les matières « fortes » dans un but de relaxation et de détente.

Un examen a lieu en fin d’année scolaire (fin juin) pour juger de l’aptitude à passer dans la classe supérieure. Les copies sont notées sur 100.

2) La scolarité à l’école secondaire (zhongxue) est divisée comme chez nous en 3 années de collège (chuzhong) et 3 années de lycée (gaozhong). Aux matières enseignées en primaire s’ajoutent les matières suivantes : histoire, géographie, chimie, physique, anglais, politique. Si l’entrée au collège est relativement facile, l’entrée au lycée est soumise à un examen (zhongkao) qui a lieu en fin de 3e année de collège. Les notes en sont très importantes car selon le niveau, l’élève peut être admis dans des écoles d’Etat : école normale, école médicale, lycée d’enseignement général, école technique, école du Parti, école militaire... Ceux qui n’ont pas obtenu une moyenne suffisante ne peuvent accéder à ces écoles nationales qui permettent d’obtenir la titularisation en tant que fonctionnaire avec la garantie d’emploi et un salaire décent (entre 600 et 1200 RMB). Ils peuvent s’inscrire dans des écoles privées, dont le diplôme ne permet pas la titularisation et a une moindre valeur pour trouver un emploi.

Si l’enseignement au niveau secondaire comporte les mêmes matières que l’enseignement dans les pays occidentaux, on enseigne en plus une matière « politique », qui consiste à inculquer aux élèves les fondements théoriques du marxisme et du socialisme.

Les études au lycée d’enseignement général ont pour débouché l’enseignement supérieur, enseignement et recherche.

La formation des professeurs

La scolarité à l’école normale se déroule en 2 étapes : 3 années niveau lycée et 2 années niveau supérieur (comprenant psychologie, sciences de l’éducation, matériel pédagogique).

C’est maintenant au bout de ces 5 années d’études seulement (autrefois 3 années suffisaient pour enseigner en primaire) que l’étudiant obtient un diplôme lui donnant droit à une titularisation et l’attribution d’un poste de professeur en primaire ou secondaire Ceux qui n’ont pas ce titre ne peuvent qu’être « professeur remplaçant » (daike laoshi). Dans ce cas, la sécurité d’emploi n’est pas assurée, le salaire est très bas (actuellement 130 à 180 RMB/mois). Ces instituteurs non titulaires gardent cependant le droit à disposer d’un terrain à cultiver pour produire leur nourriture.

Il faut cependant noter que, dans la plupart des grandes villes chinoises, les études à l’école normale sont gratuites et l’élève doit s’engager à travailler comme professeur au moins 10 ans. Mais dans le Guangxi, les études à l’école normale sont particulièrement coûteuses : 3000 RMB par année de scolarité (en plus des frais de scolarité proprement dits, pour les élèves venus des régions rurales, il faut ajouter les frais minimaux de nourriture, soit 5 RMB/jour), au total 15 000 RMB pour les 5 ans. L’injustice de ce système scolaire est manifeste dans cette région particulièrement pauvre où les possibilités d’étudier et de faire carrière sont encore moins accessibles qu’ailleurs.

Des formations complémentaires pour professeurs non titulaires ont été proposées dans les chefs-lieux de cantons. Cette formation, organisée par les écoles normales, ne donne pas un diplôme de même valeur, mais constitue une élévation certaine du niveau de ceux qui n’ont que le diplôme du collège et ont été embauchés sans grande exigence de niveau en raison de la nécessité d’enseigner dans les écoles de village.

Mais malgré cela, l’avenir de ces instituteurs « remplaçants » est incertain, on parle de concentration des écoles, de réduction du nombre des enseignants, mises à pied (xiagang)…

L’enseignement dans les régions de minorités

Dans les régions de minorités, l’enseignement est officiellement bilingue, au moins dans les premières années d’école primaire. Mais en réalité le Chinois mandarin est la seule langue enseignée à l’école pour la simple raison que les langues de la plupart des ethnies minoritaires ne possèdent pas d’écriture et ne peuvent être enseignées. Les instituteurs traduisent dans la langue des élèves les textes en chinois des manuels scolaires.

C’est pourquoi l’enseignement du chinois est le contenu principal de l’enseignement à l’école primaire, reléguant les langues des minorités à la place de dialectes archaïques en voie de disparition. En Chine, lorsqu’on parle d’une personne qui parle une langue non chinoise et qui n’a pas été à l’école, on dit d’elle « meiyou wenhua » (elle n’est pas civilisée). F.G.-W.
Extrait du Bulletin Couleurs de Chine n°32, automne 2003

Le systeme educatif chinois

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ecole secondaire

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la formation des professeurs

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